Jordan Bardella dénonce le «verrouillage du système» des parrainages

Gauthier Delomez
08h36, le 23 février 2022, modifié à
09h12, le 23 février 2022

Le temps presse pour Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon. Alors que les trois candidats, crédités de plus de 10% dans les sondages, ont jusqu’au 4 mars pour récolter les 500 parrainages dans l’optique de la présidentielle, le président par intérim du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dénoncé mercredi dans l’émission Europe Matin le « verrouillage du système ». « Il y a un peu moins d’un maire sur quatre qui a accordé son parrainage », a regretté l’eurodéputé, qui a appelé les maires à un « sursaut démocratique » au micro de Sonia Mabrouk.

« Beaucoup de maires reçoivent des pressions »

Le 22 février, Marine Le Pen compte 393 signatures validées par le Conseil constitutionnel. Pour maximiser ses chances, la candidate du RN a décidé mardi de suspendre sa campagne de terrain pour contacter les élus qui peuvent toujours parrainer un candidat. « Il y a 42.000 maires (élus, ndlr) et que pour se présenter, il faut 500 parrainages de grands électeurs ou de maires. Marine Le Pen ne les a pas. Le système est verrouillé », a regretté Jordan Bardella sur Europe 1.

Et le président par intérim d’évoquer que cette situation est commune avec ses principaux opposants. « Beaucoup de maires reçoivent des pressions. Parrainer Zemmour, Le Pen, Mélenchon, c’est s’exposer parfois à des rétorsions, à des subventions qu’on n’a pas, des remarques de la part de ses conseillers municipaux, de ses administrés », a-t-il énuméré, soulignant que « beaucoup de maires ne se sentent plus protégés dans l’exercice de leurs fonctions et refusent désormais de parrainer les candidats. »

Bardella salue l’initiative de BayrouJordan Bardella a martelé que le parrainage ne vaut pas soutien. Une position partagée par le Premier ministre Jean Castex, qui a lancé un appel aux maires mardi, et par le président du MoDem François Bayrou à l’origine il y a quelques semaines d’un site internet à destination des candidats bien placés dans les sondages, mais qui peinent à obtenir les signatures requises. « Je salue sa démarche », a assuré l’eurodéputé vis-à-vis de François Bayrou. « On a beaucoup de désaccords, mais il a toujours été attaché à la démocratie. »Les parrainages d’Anne Hidalgo posent « un problème démocratique »

Le président par intérim du Rassemblement national a noté que Marine Le Pen, créditée de plus de 40% d’intentions de vote au second tour dans certains sondages, a plus de mal à obtenir les parrainages que sa concurrente socialiste Anne Hidalgo, qui stagne autour des 5% au premier tour. « Madame Hidalgo a 1.200 parrainages (1.177, ndlr). Cela pose un problème démocratique », a ajouté le président par intérim du RN. « À partir du moment où trois des cinq candidats donnés à plus de 10% n’ont pas leurs parrainages, ça pose un problème de fond. »

Pour l’eurodéputé RN, cette situation est due à la mesure prise par François Hollande en 2014 de rendre public le nom des élus qui parrainent un candidat. « Il faut revenir à l’anonymisation des parrainages », a-t-il déclaré. « Le vote est secret. Il n’y a pas de raison que la présentation que font les maires d’un candidat à l’élection présidentielle ne le soit pas également. »

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