Les mauvais payeurs dans le viseur des centres commerciaux

Les centres commerciaux veulent pouvoir expulser rapidement les enseignes qui ne paient pas leurs loyers.

Depuis 2019, le taux de recouvrement a diminué, déplore le Centre national des centres commerciaux (CNCC). Il est passé de 95 % des loyers à 85 %. Aux côtés d’entreprises réellement mises en difficulté par le Covid, avec qui les foncières se disent prêtes à discuter, d’autres s’abritent derrière la pandémie pour cesser de payer, déplorent les centres commerciaux. Une stratégie «inacceptable» pour Jacques Ehrmann, le président du CNCC. 5 % des enseignes seraient problématiques. Parmi elles, de nombreuses foncières citent la Financière immobilière bordelaise (FIB) de Michel Ohayon, qui a récemment repris Camaïeu et Gap à la barre du tribunal.

Dans le cadre des Assises du commerce, le CNCC a proposé la création d’un troisième type de bail, qui prévoirait la possibilité pour le locataire d’être évincé en quinze jours, sans accord préalable du juge. En échange, le paiement des loyers serait mensuel, et les dépôts de garantie diminués. Deux mesures réclamées de longue date par les commerçants. Ces derniers paient actuellement leurs loyers avec trois mois d’avance, ce qui impacte lourdement leur trésorerie. Si les enseignes se disent ouvertes à revoir les procédures d’expulsion, elles jugent la proposition du CNCC inacceptable. «Toutes les enseignes qui ne paient pas ne sont pas forcément des mauvaises payeuses, explique Yohann Petiot, délégué général de l’Alliance du commerce. Certaines peuvent être en conflit avec leur bailleur. Une expulsion sans contrôle du juge est une précarisation inacceptable.» Le débat n’est pas clos pour autant. «C’est un sujet essentiel qu’il faudra remettre sur la table», estime-t-il.

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