« Reconnaître le caractère antisémite de l’affaire est essentiel »

INTERVIEW

L’affaire avait provoqué indignation et émoi en France et à l’étranger. Le procès de deux hommes, accusés du meurtre à caractère antisémite de Mireille Knoll, une vieille dame juive tuée chez elle en 2018, s’est ouvert mardi à Paris. Invité d’Europe Matin jeudi, le président du Consistoire central – qui représente la communauté juive – Élie Korchia a estimé que la reconnaissance du caractère antisémite de cette affaire est « essentielle ». « En tant qu’avocat, je ne me positionne pas sur le fond de ce dossier que je ne connais pas. Mais à titre personnel et en tant que citoyen, il est évident que le caractère antisémite dans l’affaire de madame Knoll doit être reconnu », a-t-il jugé.

« Trop longtemps nous avons eu du mal à reconnaître ce caractère antisémite tout comme dans d’autres dossiers par le passé. Donc ce que je voudrais aujourd’hui, c’est que nos victimes juives assassinées, tuées, que ce soit dans le cas d’attentats terroristes ou de crimes de droit commun basés sur des clichés, ne restent pas dans l’angle mort de notre conscience collective. » 

« Garder le sang froid »

Pour celui qui a été avocat de victimes de l’attentat à l’Hyper Cacher, il est primordial que comme dans cette affaire, l’antisémitisme soit au coeur de ce qui a été jugé. « C’est très important pour notre justice », a-t-il insisté. Concernant le souhait du fils de Mireille Knoll que les accusés soient condamnés à la peine capitale, Élie Korchia s’est en revanche dit totalement opposé à cette idée. « Je suis avocat, j’ai toujours été, je suis et je serai toujours contre la peine de mort. Et je m’inscrirai toujours dans la droite lignée de ce qui a été réalisé par le président François Mitterrand et son ministre de la justice Robert Badinter », a-t-il affirmé. 

Il a par ailleurs entendu la douleur du fils de la victime, « touché dans sa chair ». « Il est toujours très difficile quand on a vécu ce type d’acte terrible, de garder le sang froid et la réflexion. Donc ce que ça m’inspire c’est la souffrance d’un fils écorché vif, mais que notre rôle doit aussi être de savoir la parole que nous portons et les valeurs que nous défendons », a poursuivi le président du Consistoire central. Mais il s’est accordé à dire que la souffrance des familles de victimes doit être comprise. 

 

« Il faut parfois aussi saluer la grandeur et la dignité de parties civiles comme Samuel Sandler, que j’ai eu l’occasion d’accompagner avec son épouse Myriam, ou encore de Zari Boghni qui était venue livrer un témoignage extraordinaire et bouleversant après avoir été pendant 4h04 l’otage du terroriste dans l’Hyper Cacher. »

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