le retour de la grippe aviaire inquiète la filière avicole

Malgré a mise en place de nouveaux protocoles censés éviter l’hécatombe des années précédentes, la période des migrations reste source d’inquiétudes pour les éleveurs.

«Au moment où je vous parle, il y a quatre foyers qui ont été détectés sur le sol métropolitain». Invité mercredi matin à s’exprimer sur la présence de la grippe aviaire dans le pays, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, a prévenu que la menace n’avait pas disparu. Il s’est néanmoins voulu rassurant, insistant sur la mise en place de nouveaux protocoles de prévention. Ces derniers doivent permettre d’éviter l’épidémie de l’année dernière et les abattages qui s’en sont suivis. Les attentes sont grandes aussi du côté des professionnels du secteur encore traumatisés par les épisodes précédents.

«Il s’agit de cas isolés, retrouvés dans des basses-cours chez des particuliers et non dans des élevages». Au cabinet du ministère de l’Agriculture, on relativise l’importance de ces nouveaux cas de contamination découverts dans l’Aisne et les Ardennes. À l’heure actuelle, «il n’y a pas d’inquiétude sur le sujet», insiste-t-on. À la place on préfère mettre en avant les nouvelles mesures de prévention. Elles consistent à empêcher le contact entre les animaux d’élevages et les oiseaux migrateurs qui risqueraient de transmettre le virus. Cela passe par la mise en place de filets au-dessus des élevages, ou le confinement temporaire des gallinacés et autres palmipèdes.

Une mesure demandée de longue date par l’Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair (Anvol). Pour autant «on est sur le qui-vive», admet son président Jean-Michel Schaeffer. Ces contaminations « arrivent particulièrement tôt», ajoute-t-il. Preuve que le phénomène est pris au sérieux, le gouvernement a relevé le niveau de risque de faible à modéré. Pour autant la France garde pour le moment son statut «indemne» auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Un sésame essentiel pour les professionnels: «ça permet que les marchés soient ouverts à l’export», explique Jean-Michel Schaeffer.

3,5 millions d’animaux abattus l’année dernière

L’influenza aviaire est une maladie particulièrement présente parmi les oiseaux sauvages. Très contagieuse, la pathologie a tendance à se transmettre aux volailles d’élevage lors des périodes de migration à la fin de l’automne, lorsque les animaux descendent vers le sud. «Il y a deux couloirs utilisés, celui qui longe l’atlantique et un autre qui suit le Rhin puis le Rhône», détaille Jean-Michel Schaeffer. En fonction des années, les fréquentations de chacun varient et donc le risque de contamination aussi. «En 2020 l’arc atlantique avait été plus suivi», souligne-t-il, ce qui explique que le sud-ouest ait été particulièrement touché.

L’année dernière a été spécialement rude pour cette région. Si quinze départements ont été frappés, les Landes, le Gers et les Pyrénées-Atlantiques ont concentré 95% des foyers. Au total, plus de 3,5 millions d’animaux ont été abattues, souvent de façon préventive, pour tenter d’endiguer une épidémie devenue «hors de contrôle», selon un éleveur. «Les conséquences morales et économiques ont été terribles, se souvient le président d’Anvol, l’impact a été de 300 millions d’euros sur le sud-ouest l’année dernière». Une situation que la profession veut à tout prix éviter de revivre.

Il est cependant trop tôt pour se lancer dans des hypothèses sur la gravité de l’épidémie cette année. «D’habitude les migrations arrivent courant novembre, souligne Jean-Michel Schaeffer, mais cela varie en fonction des températures». Ce n’est qu’une fois cet épisode passé qu’un premier bien pourra être tiré.

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