ce que les Français en attendent, ses enjeux

Alexandre Chauveau, édité par Solène Leroux
07h52, le 18 avril 2022, modifié à
07h58, le 18 avril 2022

ANALYSE

Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, c’est l’affiche du débat présidentiel. Un rendez-vous habituel de l’entre-deux tours, cette confrontation entre les deux finalistes est toujours suivie de près par les Français. Mais quelles sont les attentes des Français cette année autour de ce débat ? « C’est un rendez-vous attendu, car ritualisé », explique Benjamin Morel, docteur en sciences politiques. « À partir du moment où vous établissez un rituel, vous pouvez difficilement y déroger, le seul qui l’a fait c’est Chirac en 2002, parce qu’il ne voulait pas débattre avec Jean-Marie Le Pen. »

L’enjeu est tout autre cette fois-ci puisque « c’est un débat qui, notamment pour Marine Le Pen, doit infirmer ou confirmer une image en voie de transformation », il y a donc « une forme de curiosité, d’interrogation », détaille le spécialiste. Ce nouveau débat entre les finalistes de la présidentielle sera l’occasion de discuter de « thématiques de campagne bien installées, comme le pouvoir d’achat » : « Il va falloir, pour les deux prétendants, être présent sur cette thématique et convaincre. » Benjamin Morel le rappelle : « L’élection présidentielle est avant tout un combat d’incarnation. L’objectif est de montrer cette capacité à incarner, en comparaison, de l’autre candidat. »

La crédibilisation de Le Pen en question

J-2 avant ce débat d’entre-deux tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la même affiche qu’en 2017. Alors que l’écart dans les sondages s’est considérablement réduit en cinq ans, le président-candidat reste donné gagnant dans tous les sondages. Ce débat peut-il changer la donne ? « Il ne faut pas surestimer » son impact, estime Benjamin Morel, puisque « la plupart des débats n’ont pas vraiment fait bouger les lignes ».

Pour autant, « ce débat peut malgré tout faire un peu la différence », assure-t-il. « Aujourd’hui, on a une stature de Marine Le Pen qui a profondément bougé depuis 2017, à travers la dédiabolisation, mais surtout à travers une crédibilisation de sa candidature sur certains items, comme le pouvoir d’achat. » Selon le spécialiste, « pour elle, chuter sur ce second débat, ce serait remettre en cause tout ce travail de crédibilisation ». Autre problématique pour le président sortant, « il faut pouvoir répondre sur un bilan, c’est la grande différence avec 2017 » : « Marine Le Pen va tenter de l’attaquer sur ce bilan, donc pour lui il va falloir jouer en défensive. »

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