Le Pen propose «la fin de la souveraineté française», assène Le Maire

La guerre en Ukraine, un des thèmes majeurs de la présidentielle. Alors que Marine Le Pen a annoncé ne pas vouloir pénaliser le pouvoir d’achat des Français avec de nouvelles sanctions sur le gaz et le pétrole russe, Bruno Le Maire juge que la candidate du Rassemblement national « a tort de se lier pieds et poings au gouvernement russe et à Vladimir Poutine ». Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, était l’invité de Sonia Mabrouk mardi dans la matinale d’Europe 1. Selon lui, « si Marine Le Pen devait être élue, elle livrerait la souveraineté de la France à Vladimir Poutine et à la Russie ». C’est même « ça le projet de Marine Le Pen, elle n’en fait pas mystère ».

Quitter l’Otan, une « drôle d’idée »

Le ministre de l’Économie d’Emmanuel Macron, de son côté, « tient à l’indépendance française, à la souveraineté de la nation française ». Or, d’après lui, « ce que propose Marine Le Pen en matière de relations internationales, c’est la fin de la souveraineté française », a-t-il encore asséné. « C’est l’alliance avec Vladimir Poutine, c’est l’absence de protection par l’Otan », à un moment crucial, rappelle-t-il, puisqu' »on sait bien que nous pouvons avoir besoin de la protection de nos alliés ».

Pour Bruno Le Maire, la sortie du commandement intégré de l’Alliance atlantique est une « drôle d’idée », tout particulièrement « au moment où les menaces militaires n’ont jamais été aussi élevées », en raison du retour de la guerre sur le continent européen avec l’invasion russe en Ukraine. « Marine Le Pen propose de couper tout lien militaire avec nos alliés les plus proches, avec les autres Européens, avec les Américains. » Un choix qui « paraît dangereux pour la sécurité française », selon le ministre de l’Économie.

La rupture diplomatique avec l’Allemagne, une « folie »

Autre point du programme de la candidate du Rassemblement national soulevé par le ministre : une relation franco-allemande moins forte qu’actuellement. « Elle propose (…) de couper les ponts avec l’Allemagne, de renoncer à ce qui a fait la prospérité et la paix en Europe depuis un demi-siècle, c’est-à-dire l’amitié entre la France et l’Allemagne. » Et d’ajouter que c’est « tout simplement une folie » et « le reniement de 50 années d’histoire de la France ». Il explique également qu' »en termes économiques », ce serait « une aberration complète ».

Selon lui, « ce qui nous a permis de réaliser de grands programmes industriels », à l’instar d’Airbus, « c’est le lien avec l’Allemagne ». « Ce qui nous a permis de développer notre commerce, nos entreprises, notre prospérité, nos emplois : c’est d’avoir une relation très forte avec notre premier partenaire commercial qui est l’Allemagne. » Ce couple « nous a permis, aussi, de peser sur les affaires du monde », a-t-il poursuivi, mentionnant notamment l’opposition à la guerre en Irak en 2003 : « Nous étions plus forts parce que nous étions alliés avec l’Allemagne. »

« Ce qui nous a permis de préserver la paix, depuis maintenant plus d’un demi-siècle, sur le territoire européen, c’est le fait que deux anciens ennemis, la France et l’Allemagne, ont décidé d’avancer main dans la main. » Selon Bruno Le Maire, lorsqu’on souhaite être président de la République, « on est dépositaire d’un héritage » : « L’héritage de l’histoire de France depuis 1945, c’est ainsi que l’a voulu le général de Gaulle avec Konrad Adenauer. » Et de conclure que Marine Le Pen « ne remet pas simplement en question cette amitié : elle remet en question un héritage, et ce qui est désormais une part de l’identité nationale française ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici