une « gaffe américaine », et non une « volonté de nuire » à la France

Europe 1
09h05, le 31 octobre 2021, modifié à
09h40, le 31 octobre 2021
Invité de Jean-Pierre Elkabbach dimanche sur Europe 1, l’ancien ambassadeur des États-Unis Gérard Araud, est revenu sur la rencontre entre Emmanuel Macron et Joe Biden samedi en marge du G20 à Rome. Un premier échange, quelques semaines après la crise des sous-marins, qui a coûté le « contrat du siècle » à la France.INTERVIEW

Quelles relations franco-américaines après l’annulation du « contrat du siècle » le mois dernier ? Gérard Araud, ancien ambassadeur des États-Unis, a donné quelques pistes de réflexion lors de l’interview politique de Jean-Pierre Elkabbach ce dimanche après la rencontre d’Emmanuel Macron et de Joe Biden à Rome samedi. Sur le fond, « un président français se doit d’avoir des bonnes relations avec le président des États-Unis qui, après tout, est la personne la plus puissante au monde » a-t-il affirmé. Selon lui, le président français avait réussi à le faire avec Donald Trump, il « se devait de le faire avec Joe Biden » même s’il s’attendait à « quelqu’un de plus favorable aux Européens ». Mais il « fallait surmonter le traumatisme de l’affaire des sous-marins ».

Pas d’excuses formelles

Les déclarations du président américain suite à la rencontre sont allées aussi loin que possible pour l’ancien diplomate. Il n’a pas présenté des excuses, car « un président ne présente jamais d’excuses » a rappelé Gérard Araud, mais s’en est « rapproché ». L’affaire des sous-marins est « une gaffe américaine, pas une volonté de nuire aux Français », elle « a entraîné un certain réveil des Américains » sur le travail à faire avec les Européens. « Cette visite de Joe Biden est assez substantielle vis-à-vis des Européens, et peut-être que les Américains se réveillent suite à l’affaire des sous-marins », a-t-il insisté sur la politique européenne américaine.

Mais que représente la France pour Joe Biden ? Pour Gérard Araud, cette déroute interroge sur la représentation européenne aux yeux des États-Unis. « Qu’est-ce que l’Europe pèse face aux Américains ? », a opposé l’ambassadeur. « Toute la puissance américaine est en train de pivoter vers l’Asie » et l’affaire des sous-marins en est le reflet puisque « c’est avant tout une alliance australo-américaine contre la Chine ». Gérard Araud rappelle que les relations sino-américaines vont structurer la géopolitique mondiale des années à venir. 

 

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