« Je veux mettre les délinquants mais aussi la misère en prison »

Europe 1
10h23, le 31 octobre 2021, modifié à
12h07, le 31 octobre 2021

Invité ce dimanche dans le « Grand rendez-vous », le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel est revenu sur les violences à l’encontre des forces de l’ordre ces derniers jours en France. Pour le secrétaire national du PCF, l’objectif reste avant tout de lutter contre « la misère » afin de combattre efficacement « les délinquants » qui attaquent les policiers.INTERVIEW

Tirs de mortiers contre les forces de l’ordre à Alençon dans l’Orne, guet-apens à Béziers dans l’Hérault, primes pour tuer ou violer des policiers à Savigny-le-Temple en Seine-et-Marne… Les attaques et menaces contre les policiers se multiplient ces derniers jours en France. Une situation inquiétante pour le candidat PCF à l’élection présidentielle Fabien Roussel, explique-t-il au micro d’Europe 1/CNews/Les Échos : « Il est inadmissible de s’en prendre aux policiers, aux gardiens de la paix. Ces hommes et ces femmes ont besoin d’être soutenu. »

Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF) plaide pour une augmentation significative du nombre d’hommes sur le terrain, grâce à « la création d’une police nationale de proximité avec 30.000 hommes et femmes, statutaires et mieux formés pour que lorsqu’ils interviennent, ils puissent être protégés ». Objectif, « reconquérir certains quartiers abandonnés par l’État », explique le député du Nord.

Le candidat à la présidentielle de 2022 souhaite lier cette augmentation d’effectifs à la lutte contre la pauvreté dans les zones sensibles, afin de combattre efficacement la délinquance, expliquant vouloir ainsi « mettre les délinquants, mais aussi la misère en prison ». 

« Rupture de confiance »

Si Fabien Roussel soutient les policiers et les gendarmes face à ces attaques répétées, le communiste reste néanmoins attentif aux raisons qui tendent une partie de la population de se méfier de ces fonctionnaires : « Il y a un fossé qui se creuse entre les jeunes et la police. (…) Il y a une vraie rupture de confiance » entre eux, explique-t-il dans Le Grand rendez-vous.

Seulement 53% des 18-30 ans indiquaient avoir confiance en la police en décembre 2020 dans un sondage d’Opinion Way pour 20 minutes, et 80% d’entre eux jugent que « les violences policières sont une réalité ». « Il faut pouvoir parler sereinement des violences policières », assure le secrétaire du PCF, qui se dit favorable à la création d’un organisme indépendant pour lutter contre ce phénomène. « On peut soutenir les policiers et dire aussi qu’il y a eu des violences de la part de ces derniers », explique-t-il, avant d’ajouter : « je ne veux pas opposer les deux ».

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