Claude Guéant va être jugé pour « financement illicite » de campagne

Claude Guéant va de nouveau affronter la justice. Déjà visé dans l’enquête sur un possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, l’ancien ministre va cette fois-ci être jugé à Nanterre en février pour « financement illicite » de sa campagne législative de 2012. L’homme incontournable de la présidence Sarkozy, aujourd’hui âgé de 76 ans, est également renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « escroquerie pour le remboursement de ses frais de campagne ».

Guéant, « victime du fait maladroit d’un tiers » ?

En janvier 2012, Pierre-Christophe Baguet, maire de Boulogne-Billancourt et député sortant des Hauts-de-Seine, annonce soutenir Claude Guéant pour lui succéder. Dans une lettre à ses administrés, il détaille les raisons de son appui au ministre de l’Intérieur. Ce tract avait été dénoncé par le candidat dissident, Thierry Solère, qui soupçonnait Pierre-Christophe Baguet de l’avoir financé pour partie avec l’argent de la municipalité.

L’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy avait été défait au second tour par Thierry Solère, aujourd’hui proche d’Emmanuel Macron. Une enquête avait été ouverte en février 2014, et Claude Guéant mis en examen en juillet 2017. « Cette affaire correspond à des faits anciens, datant de près de dix années, dans laquelle Claude Guéant n’a cessé de justifier qu’il n’était pas concerné par la moindre qualification pénale », a réagi auprès de l’AFP son avocat, Me Philippe Bouchez El-Ghozi. « Lors de l’audience à venir, il continuera de justifier de son innocence dans ce dossier dans lequel il apparaît davantage, en réalité, comme étant victime du fait maladroit d’un tiers », a-t-il ajouté.

Le maire de Boulogne a reconnu sa culpabilité

Son client est renvoyé devant le tribunal correctionnel avec six autres personnes, et l’audience aura lieu les 15 et 16 février 2022, a précisé Me Bouchez El-Ghozi. Contacté, Thierry Solère, qui a conservé son siège de député (aujourd’hui LREM) depuis sa victoire face à Claude Guéant, n’a pas souhaité faire de commentaire. Il avait dénoncé le tract mais ne s’était pas constitué partie civile.

De son côté, Pierre-Christophe Baguet, qui est toujours le maire LR de Boulogne-Billancourt, a reconnu sa culpabilité et doit être jugé dans les prochaines semaines au cours d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sorte de plaider-coupable à la française. Il reconnaît avoir inséré dans une page du bulletin municipal un message sur les élections législatives, contribuant de fait, selon les magistrats, à la campagne de Claude Guéant.

Un autre procès après celui des sondages payés par l’Élysée

« Il n’y a aucun préjudice pour la ville, aucun détournement de fonds publics et aucun enrichissement personnel de qui que ce soit. Le maire reconnaît une erreur que les magistrats ont qualifiée d’infraction », a réagi auprès de l’AFP Me Mario Stasi, l’avocat de Pierre-Christophe Baguet. Son client sera jugé pour « participation au financement d’une campagne électorale par personne morale par don ou par fourniture d’avantage. »

Ce nouveau procès pour Claude Guéant s’ajoute à celui des sondages payés par l’Élysée sous Nicolas Sarkozy, pour lequel il comparaît actuellement à Paris pour favoritisme et détournement de fonds publics par négligence.

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