Tensions avec Richard Ferrand, accord avec LREM : François Bayrou s’explique

Gauthier Delomez
08h56, le 13 octobre 2021, modifié à
11h52, le 13 octobre 2021

INTERVIEW

Passionné de rugby, François Bayrou n’hésite pas à entrer dans la mêlée. C’est en quelque sorte sa défense face aux accusations du livre Le traître et le néant de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Les journalistes rapportent dans leur livre polémique que le haut commissaire au plan se serait emporté contre le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, et aurait bénéficié d’un accord de dédommagement de 4 millions d’euros passé avec LREM après les élections législatives de 2017. S’il reconnaît « des affrontements » avec Richard Ferrand, François Bayou botte en touche sur l’accord avec le parti d’Emmanuel Macron : « Ce sont des blagues », a-t-il déclaré sur Europe 1.

« C’est important de respecter ses engagements »

Dans leur livre, Gérard Davet et Fabrice Lhomme affirment que François Bayrou aurait eu un comportement virulent avec Richard Ferrand. Le haut commissaire au plan en serait-il venu aux mains ? « Pas tout à fait », tient-il à nuancer, en apportant sa version des faits : « Il y a eu des affrontements. Mais il n’était pas le seul responsable de ce moment d’affrontement. Pour moi, c’est très important de respecter les engagements que nous avions pris sur la place respective des deux mouvements (MoDem et LREM, NDLR) dans la majorité future ».

Le maire de Pau enchérit : « Je suis pour le respect des engagements. Je n’ai que cette ligne-là. Lorsque l’on tape dans la main, c’est fait », avance-t-il, s’appuyant sur « ce genre de tradition, chez moi dans les Pyrénées ».

« Si vous n’avez pas ce nombre (de députés), on peut vous apporter des ressources », rapporte Bayrou

Puis le haut commissaire au plan de se défendre sur un éventuel accord passé avec le parti d’Emmanuel Macron. Selon Davet et Lhomme, François Bayrou aurait bénéficié d’un dédommagement de 4 millions d’euros parce que son parti, le MoDem, n’avait pas obtenu un nombre de circonscriptions prédéfini pour les élections législatives de 2017. « Ce sont des blagues », rétorque le centriste, sans nier l’existence d’un tel marché. « Il y a eu ce moment de tensions autour du nombre de députés que nous allions avoir. Et en effet, des mots malheureux ont été prononcés en disant : ‘Si vous n’avez pas ce nombre, on peut vous garantir des ressources' », raconte François Bayrou, sans nommer directement Richard Ferrand.

Mais le président du MoDem le déclare fermement : « Jamais nous n’avons échangé la représentation politique contre des ressources fussent-elles importantes ». Une proposition dont Marielle de Sarnez, ancienne députée du parti morte l’an passé, avait eu l’écho. « Elle était en première ligne, et elle a évidemment éclaté de rires » face à cet accord, souligne François Bayrou. « Ce sont des pratiques que nous n’avalisons pas », assène le haut commissaire au plan.

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