« Les Britanniques ont beaucoup plus à perdre »

INTERVIEW

Les discussions se poursuivaient mardi entre Paris et Londres pour régler leur contentieux sur les licences de pêche accordées aux Européens après le Brexit. La menace de sanctions françaises plane toujours mais aucune décision n’est attendue avant jeudi au moins. Invité d’Europe Matin mercredi, Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des Transports, a confirmé que de nouvelles licences ont été délivrées ces derniers jours. 

« On progresse. Lundi, 49 licences de plus ont été délivrées. Des négociations sont en cours jusqu’à jeudi pour voir comment on peut avancer sur ce sujet », a-t-il affirmé. « J’ai eu l’occasion de parler avec mon homologue britannique il y a deux jours et je peux dire que l’état d’esprit est constructif », a-t-il salué.

« L’état d’esprit est constructif »

Emmanuel Macron a renoncé à appliquer des sanctions lundi à minuit afin de « donner une chance » aux discussions avec le Royaume-Uni. « Ce n’est pas pendant qu’on négocie qu’on va mettre des sanctions », a affirmé le président français devant la presse, en marge de la COP26 à Glasgow. Mais Boris Johnson est pour l’heure un négociateur intraitable, tout comme sur le dossier des migrants. Il a indiqué mardi que la position britannique dans ce conflit restait la même. « Vous demandez si le Royaume-Uni a changé de position sur la question de la pêche. La réponse est non », a déclaré le dirigeant conservateur, interrogé par un journaliste, lors d’une conférence de presse à la COP 26.

Pour le ministre délégué chargé des Transports, les Britanniques ont pourtant plus à perdre que la France. « La négociation, c’est l’exercice du rapport de force. Je le dis sans menace mais les Britanniques ont beaucoup plus à perdre à ne pas appliquer l’accord du Brexit entre l’Union européenne et le Royaume-Uni que l’inverse », a-t-il assuré en référence aux droits de douane et aux accords commerciaux. 

« Chacun négocie de bonne foi »

« Il y a, nous dit-on, des engorgements administratifs sur l’octroie des licences, il y a des pêcheurs qui doivent fournir des documents additionnels et tout ceci est fait », a posé Jean-Baptiste Djebbari. « Je crois que chacun négocie de bonne foi donc je propose d’arrêter de palabrer et d’avancer sur le fond. »

En vertu de l’accord du Brexit, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu’ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent en effet sur la nature et l’ampleur des justificatifs à fournir. Environ un quart des prises françaises en volume (environ 20% en valeur) proviennent des eaux britanniques, très poissonneuses et qui sont à l’origine de 650 millions d’euros de ventes annuelles pour les pêcheurs européens.

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