L’Assemblée nationale donne son feu vert au Contrat d’engagement jeune

L’Assemblée nationale a approuvé jeudi la création du Contrat d’engagement jeune, destiné à prendre à partir de mars 2022 le relai de la Garantie jeunes pour ramener vers l’emploi ceux qui en sont les plus éloignés. Les députés ont voté un amendement du gouvernement qui accorde 550 millions d’euros supplémentaires à la mission « Travail et emploi » pour le financer, à l’occasion de l’examen du projet de loi de finance 2022. Le dispositif mobilisera par ailleurs 2,050 milliards d’euros des 5,4 milliards d’euros de budget affecté au plan « 1 jeune, 1 solution ».

Un objectif de 400.000 jeunes aidés en 2022

L’exécutif avait levé le voile mardi sur les détails de cette mesure, esquissée par le président de la République le 12 juillet et dont la présentation se faisait attendre depuis la rentrée. Le CEJ, qui pourra être proposé par Pôle Emploi, les Missions locales et d’autres acteurs publics et privés, doit permettre d’harmoniser les dispositifs existants d’aide aux jeunes NEET (ni en emploi ni en formation ni en études) et d’intensifier et personnaliser l’accompagnement qui leur est offert, en échange d’une allocation pouvant aller jusqu’à 500 euros.

Dans le détail, 268 millions d’euros serviront à « renforcer le service public de l’emploi pour intensifier le suivi des jeunes placés » en CEJ, et 140 millions seront affectés au versement de l’allocation. Le rapporteur pour avis de la commission des Affaires sociales, le député LR Bernard Perrut, s’est interrogé sur la « plus-value réelle » de ce nouveau dispositif par rapport à la Garantie jeunes, et sur le « caractère réaliste » de l’objectif annoncé par le gouvernement mardi – 400.000 jeunes aidés en 2022, deux fois plus que les 200.000 jeunes devant bénéficier de la Garantie jeunes en 2021.

« Le compte n’y est pas » pour la gauche

« Nous ne voulons ni promouvoir l’assistanat à travers un RSA jeunes et encore moins soutenir des promesses qui ne respecteraient pas les jeunes qui doivent trouver confiance en l’avenir », a-t-il dit.

Mais les critiques les plus virulentes sont venues de la gauche de l’hémicycle. « Le compte n’y est pas », a affirmé le député PS Boris Vallaud, reprenant la formule la veille du secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Il a  fustigé une réponse « tardive » et « insuffisante », alors que le nombre de NEET est estimé un million. François Ruffin (LFI) a dénoncé un « rafistolage » et un « bricolage de dernière minute »

La ministre du Travail Élisabeth Borne a répondu en rappelant notamment que le CEJ était un « droit ouvert » et que d’autres jeunes au-delà des 400.000 pourraient être accompagnés s’ils le souhaitent.

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