Plus jeunes et plus féminins, les conseils d’administration français se diversifient

En sortie de crise sanitaire, les questions environnementales et sociétales s’invitent autour de la table.

L’exemplarité du modèle de gouvernance français se confirme, selon le deuxième volet du baromètre sur les conseils d’administration des 120 premiers groupes cotés de l’Institut français des administrateurs (IFA)-Ethics & Boards. Plus des deux tiers des conseils du SBF 120 se sont renouvelés cette année. Le document passe au crible les 214 nominations (contre 170 en 2020), dont 75 % sont des primo-entrants. Avec une moyenne d’âge de 55,6 ans, ces derniers sont plus jeunes que l’ensemble des administrateurs (58,7 ans). Les nouveaux profils sont aussi plus internationaux, avec 33,6 % d’étrangers, contre 31,3 % dans l’ensemble des mandats.
Effet de l’application de la loi Pacte, les représentants des salariés sont plus nombreux. En six ans, leur présence a doublé, pour atteindre 14 % autour de la table. Quant à la présence des femmes dans les conseils, elle n’a cessé de progresser ces dernières années : elles sont désormais 45,7 %. Une proportion qui se situe loin devant celle de nos voisins d’outre-Rhin (31,2 % au HDAX), et d’outre-Manche (37,4 % au FTSE 100).

Nouvelles compétences

Conséquence de la crise sanitaire, de nouvelles compétences s’installent dans les conseils, avec notamment une percée des profils issus du numérique (11,3 % contre 4 % en 2019), des secteurs juridiques et risques (7,2 % contre 2,9 %) et des ressources humaines (4,2 % contre 1,5 %). De la même façon, les sujets liés au climat et à la RSE s’inscrivent fortement dans les enjeux des conseils. Alors qu’en 2015 seul un quart des conseils comptaient un comité en charge de la RSE, cette part grimpe aujourd’hui à 64 %. Au sein du HDAX, celle-ci n’est que de 8,1%, tandis qu’au Royaume-Uni elle s’élève à 47% pour le FTSE 100. Cette préoccupation dans les conseils tricolores se répercute sur les rémunérations variables ; désormais, dans les entreprises du CAC 40, les objectifs extra-financiers représentent 32,5% des critères d’attribution de la rémunération variable annuelle des dirigeants. «La France dispose d’un modèle parlant et aura toute la légitimité pour intervenir sur le sujet lorsqu’elle prendra la présidence de l’Union Européenne en janvier», assure Karine Dognin-Sauze, la directrice générale de l’IFA.

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