Soldat donc sportif de haut niveau ? « Le culte de la performance peut être dangereux »

Manon Fossat
08h33, le 05 novembre 2021

Invité de Dimitri Pavlenko sur Europe Matin vendredi, Nicolas Zeller, médecin dans les forces spéciales de l’armée française est revenu sur les motivations des soldats qui s’engagent aujourd’hui. Il a expliqué observer chez les jeunes une réelle volonté de défendre son pays et a regretté le culte de la performance dans les rangs de l’armée.INTERVIEW

Quel est notre rapport à la guerre, à la mort ? Invité sur Europe Matin vendredi, Nicolas Zeller, médecin dans les forces spéciales de l’armée française et auteur du livre Corps et âme aux éditions Taillandier, est revenu sur son quotidien et s’est interrogé sur cette question de la violence. Il a estimé que les soldats qui s’engagent aujourd’hui le font purement pour la Nation. 

« La jeunesse qui s’engage est quasi exclusivement centrée sur la notion de service. Il y a une forme de patriotisme, une volonté de vouloir défendre son pays. Quand on s’engage, ça veut dire engager sa vie », a-t-il expliqué. « Le métier de soldat est un métier de gratuité et de don », a poursuivi Nicolas Zeller. 

Dans son ouvrage, celui-ci écrit : « Les militaires aimeraient que cette société s’arrête respectueusement pour dire merci ou pour dire aurevoir ». En référence au caporal Maxime Blasco, mort au combat lors d’une opération de reconnaissance le 24 septembre, il a regretté que quelques jours après l’hommage, la Nation ait oublié. 

Enfin le médecin dans les forces spéciales a déploré la comparaison entre le soldat et le sportif de haut niveau. « C’est utile de cultiver sa performance, mais en faire un culte peut être dangereux. Car au moment où la mort apparaît, le soldat, l’humain, va se retrouver seul derrière la carapace », a-t-il jugé. 

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