à quoi s’attendre si les négociations n’aboutissent pas ?

Solène Leroux
17h42, le 06 novembre 2021, modifié à
17h42, le 06 novembre 2021

La crise sur la pêche post-Brexit entre le Royaume-Uni et la France n’est pas résolue. Les négociations se poursuivent encore la semaine prochaine, malgré l’ultimatum lancé par les Français. Jean-Marc Puissesseau, président-directeur général du port Boulogne-Calais, a détaillé sur Europe 1 ce que cela implique.INTERVIEW

Chaque jour qui passe représente des pertes colossales pour les pêcheurs français. Dans les accords signés pour le Brexit, « il était prévu que des licences soient accordées à des patrons de pêche qui devaient prouver qu’en 2016, ils pêchent dans les eaux britanniques », explique Jean-Marc Puissesseau, président-directeur général du port Boulogne-Calais, au micro de Thierry Dagiral sur Europe 1. Deux types d’embarcations peuvent difficilement prouver qu’elles ne trouvaient bien en mer à cette époque-là.

Une situation « mesquine »

Tout d’abord les fileyeurs, qui n’avaient alors pas l’équipement nécessaire « qui se veut le seul moyen de repérer et de prouver » leur emplacement cette année-là, mais aussi des bateaux plus grands, « qui ont été vendus depuis 2016 donc les patrons de pêche n’ont pas d’historique ». Pour Jean-Marc Puissesseau, « c’est vraiment très mesquin » de la part du Royaume-Uni puisque « cela représente un chiffre d’affaires ridicule par an » pour eux « sachant que les Britanniques ne mangent pas de poisson ».

Pêcher en eaux britanniques est primordial pour les pêcheurs. Ils y trouvent des poissons plus nobles comme le rouget et l’encornet qui se vendent autour de 16 euros le kilo. Ce dernier tout particulier est « débarqué par tonne sur le port de Boulogne » d’après le directeur du port, un réel « manque à gagner ».

Le port de Boulogne arrêtera les contrôles gratuits

Un autre problème majeur va se poser si les négociations entre les deux pays n’aboutissent pas : « Les bateaux anglais vont être interdits de débarquer sur le port de Boulogne. » Le passage en France de « 40 000 tonnes venant d’Angleterre par an par la route » sera également contrarié. « Ils passent par le service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire » S’il n’y a pas d’accord, « les contrôles seront forcément très pointus, un peu ralentis », précise Jean-Marc Puissesseau, « ce qui pénalisera aussi les expéditions et surtout la transformation du poisson ».

Ces contrôles, avant le Brexit et lorsque la Grande-Bretagne faisait partie du marché commun, étaient encadrés par les accords du Touquet, signés en 2003 et appliqués l’année suivante. Pour le PDG du port de Boulogne-Calais, la suite est claire. « Nous n’avons pas l’intention de continuer gratuitement à faire ces contrôles pour les Britanniques » qui concernent huit millions de véhicules par an « pour contrôler s’il y a des migrants à bord ou pas des camions ».

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