« Sylvie Vartan a fait partie de mon traitement »

INTERVIEW

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan. C’est le titre qu’a choisi l’avocat et homme de radio Roland Perez pour son premier roman, une autobiographie où il raconte le traitement du pied-bot qui l’a handicapé une grande partie de son enfance, au point qu’il n’a pas marché avant l’âge de ses sept ans, et à l’issue d’un parcours du combattant mené par sa mère contre l’avis de tous les médecins qu’elle avait consultés. Roland Perez explique dimanche au micro d’Isabelle Morizet dans l’émission Il n’y a pas qu’une vie dans la vie le rôle qu’a joué, malgré elle, Sylvie Vartan dans sa guérison.

La mère de Roland Perez consulte tous les médecins de Paris, sans qu’aucun ne lui dise pouvoir soigner son fils. Jusqu’à ce qu’on lui indique le nom de Monsieur Vergepoche, un rebouteux. Mais quand la mère de famille se rend chez lui, l’homme est mort depuis plusieurs mois. Face aux larmes de Roland Perez et de sa mère, Madame Vergepoche accepte de reproduire le traitement administré par son mari pendant 30 ans. Elle l’a assisté pendant toutes ces années, mais ne garantit pas de résultats.

« Sylvie Vartan va être le rocher auquel va s’accrocher le petit Roland »

Madame Vergepoche annonce qu’elle va fabriquer plusieurs corsets, des attelles, et que ça va être très contraignant et très douloureux pour l’enfant, qui devra vivre en permanence allongé, pendant un temps indéterminé. Pour supporter tout cela, Roland Perez devra être installé dans son lit au milieu, devant la télé.

« Le traitement est très lourd et très cher, mon père va devoir même travailler la nuit pour le payer », se souvient sur Europe 1 Roland Perez. « Madame Vergepoche va dire à ma mère que, dans le traitement, il va falloir qu’il y a un dérivatif. Et donc, elle va lui demander à quoi s’intéresse le petit Roland. Et là, ma mère, très naïvement, va lui dire que je m’intéresse un disque que possède ma sœur, d’une jeune chanteuse qui vient d’arriver et qui s’appelle Sylvie Vartan. »

« Je revois Madame Vergepoche qui se raidit un peu, plante ses yeux dans les yeux de ma mère », poursuit-il. La femme du rebouteux décédé répond à la mère inquiète : « Bon, ce n’est pas Mozart. Mais ce n’est pas grave Madame. Sylvie Vartan va devenir sa meilleure amie. Elle fait partie du traitement. Sylvie Vartan va être le rocher auquel va s’accrocher le petit Roland. Il va falloir que vous lui rapportiez toute l’iconographie de Sylvie Vartan. Il va lui falloir tous ses disques, ses spectacles, ses émissions. Il va falloir que Roland puisse se concentrer là-dessus. Parce que 18 mois dans un lit sans bouger, c’est long. »

Une iconographie à l’époque encore assez maigre, Sylvie Vartan débutant sa carrière. Mais la mère s’exécute avec détermination. Et la passion du jeune Roland Perez pour Sylvie Vartan lui permet de supporter le traitement. 18 mois plus tard, il fait ses premiers pas, à sept ans. L’enfant devient ensuite un habitué des plateaux télé, où il chante et danse dans les émissions de variété. Il y croise d’ailleurs Sylvie Vartan, sans oser lui parler. Une fois adulte (et avocat), il devient même le conseil juridique de la chanteuse, sans lui dire l’adoration qu’il avait pour elle enfant, ni le rôle-clé qu’elle a joué dans sa vie. L’artiste ne le découvre que des années plus tard, de la bouche de l’animatrice télé Sophie Davant.

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