Quand Stellantis fait venir à Vesoul des renforts italiens

Le constructeur automobile réaffecte les employés de ses différents sites de production, dans un contexte d’activité réduite de ses usines.

Carlos Tavares, le PDG du groupe automobile Stellantis, a fait venir 200 salariés de ses usines de la région de Naples pour renforcer ses effectifs de son centre mondial de pièces de rechange de Vesoul, en Haute-Saône.

La raison à cette traversée des Alpes ? La pénurie mondiale de semi-conducteurs, qui touche de plein fouet le constructeur franco-italien. Certaines de ses usines ont dû réduire leur activité, ou sont à l’arrêt, comme celle de Vienne, en Autriche, de Renne, en Ille-et-Vilaine, ou d’Eisenach, en Allemagne. D’autres, en revanche, continuent à tourner à plein régime, comme celle de Vesoul.

«Solidarité entre sites»

Le site de Vesoul employait 500 intérimaires, parmi lesquels 200 arrivaient en fin de contrat. La direction a décidé de ne pas les renouveler, et de les remplacer par 200 employés de ses usines italiennes à l’arrêt. Certains d’entre eux sont à Vesoul jusqu’au 31 décembre, d’autres jusqu’au mois de juin. Pour accroître son contingent, Stellantis a aussi dépêché sur place pas loin d’une centaine d’employés de ses sites de Mulhouse et de Sochaux. Selon le constructeur, les 300 autres intérimaires ont eux été conservés. Mais Stellantis le jure, l’objectif n’est pas de recourir à de la main d’oeuvre meilleur marché : il s’agit de faire preuve de «solidarité entre sites», pour éviter que les employés transférés ne perdent leur emploi à cause de la fermeture temporaire des sites où ils étaient initialement affectés.

«Tu voulais voir Vesoul, on a vu Vesoul»

Vesoul, et après ? Les employés italiens du groupe devront-ils, comme dans la chanson de Jacques Brel, voir ailleurs encore ? La section CGT du site de Vesoul n’a pas manqué réagir à cette décision de Stellantis, la qualifiant de «vrai scandale». L’arrivée de ses travailleurs transfrontaliers pose la question de savoir jusqu’où la direction du groupe, qui possède des usines en Pologne, poussera cette logique.

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