Voici deux livres pour aider les enfants à faire face à leurs complexes

INTERVIEW

Un ventre trop gros, une taille trop petite, un nez trop grand, avoir des cheveux roux, porter des lunettes… On a tous, petits et grands, une part de nous-mêmes qu’on ne trouve pas très belle à voir. Et ces complexes, s’ils peuvent se dompter et s’effacer en grandissant, ne s’appréhendent pas de la même manière lorsqu’on est un enfant. Pas de panique ! Sur Europe 1, mercredi, la chroniqueuse Nathalie Le Breton arrive avec deux livres qui sont justement pensés pour trouver des réponses aux questions des petits.

« En général, on a tendance à ne pas se voir comme on est. Souvenez-vous des photos quand vous étiez petits, où vous vous trouviez trop filiforme ou pas assez ceci, pas assez cela. Vous les regardez dix ou vingt ans après et vous vous dites : ‘je n’étais pas si mal, finalement’. Les livres vont accompagner, progressivement, âge par âge, les enfants. Je commence avec un livre formidable pour les petits, à partir de 4, 5 ans, ça s’appelle Un portrait au poil, livre écrit par Anne-Caroline Pandolfo et sorti chez Talents Hauts.

Léon face aux représentations des animaux

L’ouvrage raconte l’histoire de Léon, un petit garçon qui a décidé de dresser la galerie de portraits de tous ses copains animaux : la girafe, la panthère, les crocodiles, le zèbre, etc. Il se dit que c’est une super idée et qu’ils vont être trop contents. Mais non, c’est le bureau des pleurs et les lamentations. Le chameau se trouve cabossé de partout avec ses deux bosses. Quant au flamant rose, lui, il n’est que rose, tandis que le zèbre, lui, il n’est qu’en noir et blanc. Comment faire pour être bien sur le portrait ? Léon essaye de dire au petit lion que ça va aller. Ils ont tous des désirs d’être autrement que ce qu’ils sont.

Finalement, le petit Léon se lance et fait son portrait. Retournement de situation : tous les animaux voient cette ‘horreur’ et s’indignent de leur représentation, de cette ‘catastrophe’. « Je suis bien mieux que ça », disent-ils. « Moi, le lion, bien sûr que j’ai une crinière hirsute, mais je suis quand même le roi des animaux. » D’un seul coup, le fait de se voir représentés les amène à se repositionner et à prendre conscience de leur fierté. Les enfants vont adorer ça. C’est un moyen d’avancer avec eux sur ce qu’ils sont, comment ils se voient et qu’on a tous quelque chose sur lequel on se focalise. Mais on a tellement d’autres choses de bien à l’intérieur de nous.

 

Le chat qui veut rester lui-même

Voilà pour la représentation des animaux. S’il y a un moment donné où on peut rêver dans la vie, c’est dans notre tendre jeunesse, pour rêver d’être différent de ce qu’on est. Dans les complexes, on pense souvent aux très mauvais quand on a du mal à vivre avec, quand ça handicape, mais c’est aussi le moment de rêver. Alors allons-y avec les livres, notamment Pile-poil, de Laure Sirieix et Chiara Arsego, une merveille sortie chez Les petits bérets. Il y a un chat qui a envie de changer de peau. Ça paraît un peu compliqué en illustration, mais on est dans le merveilleux, dans la magie parce que les livres, ça sert à ça.

Le chat commence donc à dire qu’il en a marre de son pelage. Il se met devant le miroir, une référence aux contes célèbres. ‘Je voudrais changer par exemple en chacal’. Les enfants vont s’amuser et d’un seul coup, ils se voient dans la tête d’un vieux rognard toujours prêt à sauter sur tout ce qui a des odeurs culinaires. Et donc, ça ne lui va pas. On va égrener quasiment tous les animaux, le panda, la girafe. Il se fait toute la galerie de portraits des autres animaux et finalement, il en arrive à ça : ‘Ce que je voudrais faire, c’est rester moi-même’. Il a aussi tenté d’être un petit humain, mais ce n’est pas très chouette d’être un bipède, c’est mieux d’être un chat. »

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