comment Daniel Craig a révolutionné la saga

Solène Delinger
18h17, le 09 octobre 2021, modifié à
18h20, le 09 octobre 2021

DÉCRYPTAGE

Daniel Craig tire sa révérence. Après quinze ans et cinq films en smoking, la star de 53 ans renfile pour la dernière fois le costume de James Bond dans « Mourir peut attendre », en salles depuis mercredi 6 octobre. Que retiendra-t-on des James Bond de l’ère Craig ? Comment l’acteur britannique a-t-il réussi à moderniser la franchise ? Invités au micro de Laurie Cholewa dans l’émission « Clap ! », Guillaume Evin et Laurent Pierrot, experts de la saga, dressent le bilan des années Craig. Avec déjà un petit soupçon de nostalgie… 

Daniel Craig, le mal-aimé de la saga

« Mourir peut attendre » marque la fin d’un cycle, celui de Daniel Craig dans la peau du célèbre espion. Si les fans de la saga pleurent aujourd’hui le mythique interprète de 007, l’acteur britannique était loin de faire l’unanimité en 2005, quand il a été choisi pour être le nouveau James Bond. Guillaume Evin était lui aussi très sceptique. « Je n’ai pas voulu le lapider comme l’avaient fait d’autres personnes », précise-t-il. « Mais c’est vrai qu’il ne correspondait pas au morphotype. On était tous habitués à un grand brun. Et puis là, on découvrait un homme de taille moyenne, musculeux, blond. Il avait une tête de nervi soviétique à se faire dégommer dès le générique ». Un sentiment partagé par Laurent Pierrot : « Je trouvais que ce type ne ressemblait absolument pas au personnage. Il avait plus la tête d’un tueur russe que de James Bond ». Un hypothétique jeune Vladimir Poutine qui a catalysé un flot d’insultes. « James Blond » était même devenu son surnom. 

Du désamour au succès avec « Casino Royale »

Il suffira de la sortie de « Casino Royale », en 2006, pour faire taire tous les sceptiques. Magistral dans la peau de James Bond, Daniel Craig montre au monde entier qu’il est à sa place. « Il va tout emporter, j’ai été bluffé », confie Guillaume Evin. « On l’a jugé avant d’avoir vu quoi que ce soit. Et il a été un très bon James Bond », souligne Laurent Pierrot. Mais comment l’acteur britannique a-t-il réussi à s’imposer ? Qu’est-ce qui a fait la différence ? 

Selon Guillaume Evin, Daniel Craig a énormément apporté au rôle, « comme tous ses prédécesseurs ». Mais il a su se démarquer grâce à son « magnétisme » et sa « densité ». « Il correspond parfaitement à son époque, sombre et grave », souligne l’expert de la saga. Pour son acolyte Laurent Perriot, Daniel Craig a servi au renouveau de la franchise, qui était en train de se ringardiser. Même Roger Moore, le prédécesseur de Daniel Craig, avait à l’époque estimé que le carton mondial de « Casino Royale » allait « relancer la franchise pour cinquante ans ». Et il n’avait pas tort : « Skyfall », en 2012, est devenu le plus grand blockbuster de la saga avec plus d’1,1 milliard de recettes. Reste à savoir si « Mourir peut attendre » remportera le même succès. 

Craig a donné un visage humain à Bond 

« Craig se retire au bon moment », a estimé Laurent Pierrot dans les colonnes du « Figaro ». « Le bilan est globalement positif.  Avec ce cinquième film, Eon productions clôt un cycle. Ils referment le livre de l’ère Craig. À l’avenir, on imagine qu’ils pourront revenir à la formule initiale, un film, une aventure, ce qui correspondrait aux romans de Ian Fleming. » Daniel Craig aura finalement donné un visage humain à James Bond, son alter ego cinématographique. Trouver un successeur qui lui arrivera à la cheville sera indéniablement difficile. James Norton, Tom Hardy, Regé-Jean Page, Idris Elba ou encore Luke Evans figurent d’ores et déjà parmi les prétendants au smoking. Et vous, qui verriez-vous en 007 ? 

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