d’où vient le chant officiel de la Légion étrangère ?

Clémentine Portier-Kaltenbach, édité par Alexis Patri
18h29, le 12 novembre 2021

La Légion étrangère est un corps d’armée qui a été créé en 1831 par Louis-Philippe, dans l’idée de constituer les premières troupes coloniales qui iraient en Algérie d’abord, et ensuite au Tonkin, notamment. Mais l’idée de départ était de regrouper les différents corps d’armée étrangers qu’il y avait toujours eu au service de la France. Parmi eux, les fameux gardes suisses de François 1er à Marignan, qui se sont faits tous abattre au moment de la prise des Tuileries en 1792. On a donc recréé ce corps d’armée, dont les couleurs, le rouge et le vert, sont les couleurs des gardes suisses de Louis 16. 

Mais d’où vient Le boudin, le chant de la Légion étrangère ? Il a été composé par Wilhem et Dussenty qui, tous deux, furent chefs de la musique militaire. Ses paroles commencent par « Tiens, voilà du boudin ! ».Et ce fameux boudin n’est pas fait du sang de l’ennemi. C’est en réalité une toile de tente, que l’on roulait très serrée. On la posait sur le barda ou sur le sac des légionnaires. C’est donc sa forme qui a donné son surnom de boudin.

« Du boudin pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains. Pour les Belges, y en a plus »

Mais les paroles disent aussi, au sujet de ce fameux boudin, « Pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains. Pour les Belges, y en a plus ». Il existe plusieurs explications à ces paroles. Mais la plus crédible est que, lorsque la guerre de 1870 a éclaté, le roi des Belges Léopold II a demandé le rappel de tous les Belges qui s’étaient engagés dans la Légion étrangère. Car, un an après la création de la Belgique en 1830, on lui intime l’obligation d’être un pays neutre. Quand la France rentre en guerre contre les Prussiens, Léopold II rappelle donc les légionnaires belges, qui doivent restituer leur paquetage (et leur boudin), sous les quolibets des camarades.

En 1871, la Légion étrangère suspend les engagements volontaires d’étrangers et spécifie que seuls les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains pourront désormais rentrer dans la Légion. Ce qui explique leur citation dans les paroles. Comme l’Alsace-Lorraine est devenue alors allemande, de nombreux jeunes Lorrains s’engagent dans la Légion étrangère pour ne pas devenir Allemands et éviter de faire leur service côté allemand. Jamais la Légion étrangère n’a été aussi jeune qu’à ce moment-là.

Les derniers du défilé du 14 juillet

Aujourd’hui, la Légion, a des traditions très fortes et un certain nombre de privilèges. Par exemple, elle est la seule à avoir le droit de conserver ses étendards. Sur son drapeau, il y a évidemment Camerone et Diên Biên Phu. À Aubagne, au musée de la Légion étrangère, on trouve un fanion qui avait été mis en pièces par des par des légionnaires français à Diên Biên Phu. Ils ont été arrêtés et fait prisonniers. Ils ont alors mis en pièces leur fanion et caché des morceaux sous leurs pansements et dans leurs chaussettes. Après le rapatriement en France, les survivants ont reconstitué leur fanion.

Mais pourquoi la Légion étrangère passe toujours en dernier dans le défilé du 14 juillet ? La raison est technique : la Légion défile plus lentement que les autres corps d’armée. Elle défile à 88 pas minute. C’est le pas légion, qui était aussi celui des troupes napoléoniennes. Depuis sa fondation par Louis-Philippe, plus de 36.000 légionnaires sont passés sous les drapeaux de la Légion étrangère, adoptant ainsi sa devise : « La légion est ma patrie ».

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