comment Riad Sattouf a découvert Vincent Lacoste

INTERVIEW

À quoi ressemble la vie d’un jeune acteur ? C’est ce que Riad Sattouf a choisi de raconter, avec son humour piquant habituel, dans sa nouvelle bande dessinée Le jeune acteur. Une histoire inspirée de la vie du comédien Vincent Lacoste. C’est Riad Sattouf qui l’a repéré en 2009, lorsqu’il le choisit pour incarner Hervé, le héros de son premier long-métrage Les beaux gosses, adapté de sa BD éponyme. L’acteur a depuis tourné dans 37 films et donné la réplique à Reda Kateb et Gérard Depardieu. Il n’était pourtant pas un acteur né, comme s’en souvient Riad Sattouf dans Culture Médias. 

« Un jeune ado complètement désarticulé »

« Avant de parler de lui en tant que tel ou de parler d’un film, le but de ce livre était de raconter comment un ado complètement normal, invisible et franchement pas bon acteur, débute dans ce métier. Vincent Lacoste n’avait jamais rêvé d’être acteur », rappelle Riad Sattouf. « Je l’ai choisi parce que je n’arrivais pas à trouver de comédien pour jouer dans mon premier film. Je ne voulais pas de gens trop beaux. Les gens qui jouent les ados aujourd’hui ont toujours des mannequins de 26 ans auxquels on met un appareil dentaire. »

Le réalisateur voulait, au contraire, des acteurs qui ressemblaient à l’ado qu’il était à 14 ans. « C’est-à-dire assez moche, et même extrêmement moche, avec des boutons, etc. », précise-t-il. « Donc on a fait un casting sauvage : on allait dans des endroits où il y avaient des jeunes, et on leur donnait des papiers en leur disant ‘Tu as une tête marrante, veux-tu jouer dans un film ? Rappelle-nous ». Et c’est comme ça qu’on avait découvert ce jeune ado de 14 ans qui était complètement désarticulé et un peu neuneu. »

« Les gens le confondent avec Kev Adams »

Pourtant, Vincent Lacoste a failli ne jamais avoir le rôle. Riad Sattouf avait d’abord choisi un autre acteur pour incarner Hervé, avant de s’en séparer. « Cet acteur était odieux. Et j’avoue que je suis une sorte de tonton extrêmement sévère. Je déteste les gens qui ont le melon », explique-t-il. « Donc j’avais viré ce premier acteur, qui était insupportable et qui ne faisait pas ce que je lui demandait de faire. Et j’ai choisi Vincent. Je le trouvais un tout petit peu trop beau. Mais, quand je l’ai vu entrer dans la pièce, j’ai trouvé qu’il ressemblait à un de mes dessins et il m’a semblé tout de suite évident que j’allais pouvoir faire quelque chose avec lui. »

C’est donc cette carrière d’acteur, débutée grâce à Riad Sattouf, que l’illustrateur raconte dans Le jeune acteur. « J’ai gardé beaucoup de souvenirs de son parcours. Et on est resté amis. Donc au bout du moment, quand il me raconte la quatrième fois qu’il tourne avec Gérard Depardieu, je me dit qu’il est quand même devenu un acteur français », indique-t-il. « Ses anecdotes sont trop marrantes de splendeurs et misères de la vie d’acteur : les gens qui le confondent avec Kev Adams, des trucs tragi-comiques, aussi. C’est livré sans langue de bois, et pensé pour les gens qui ne me connaissent pas et qui ne le connaissent pas non plus. »

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