Comment le gouvernement compte lutter contre la prostitution des mineurs ?

C’est un constat alarmant. La prostitution des mineurs concerne entre 7.000 et 10.000 jeunes en France. Aujourd’hui, toutes les prises de contact peuvent se faire sur les réseaux sociaux et les rencontres ont lieu pendant des soirées ou dans des Airbnb. Toute la difficulté est donc de pouvoir cerner ce phénomène et mieux identifier les proxénètes. Car ces derniers sont souvent dans l’entourage proche de la jeune femme, comme le petit ami, ce qui implique que la victime ne se reconnaît pas victime. Il n’y a donc pas de plainte, ni de poursuites. Alors pour lutter contre ce phénomène, le prévenir et le combattre, le gouvernement présente ce lundi un plan interministériel, doté de 14 millions d’euros, déployé en 2021 et 2022. 

« De l’argent rapide »

Une situation dans laquelle s’est retrouvée cette jeune fille de 15 ans suivie par l’association Entr’acte à Lille. Elle le reconnaît, les victimes ont souvent beaucoup d’argent à la clé. « Quand tu as un travail tu te fais 1.200 euros par mois. Nous on est à 200 euros par jour donc ça nous fait 10.000 euros par mois. Ce n’est pas de l’argent facile, mais c’est de l’argent rapide. Et à l’heure actuelle je n’ai trouvé aucun autre moyen de me faire autant d’argent en si peu de temps », explique-t-elle. 

Le plan présenté lundi après-midi est piloté par Adrien Taquet, ministre en charge de l’Enfance, et implique les ministères de la Justice, de l’Intérieur, de l’Education nationale, du Numérique, de la Ville, du Tourisme et de l’Egalité entre les femmes et les hommes. L’idée n’est pas forcément d’alourdir les peines – qui peuvent déjà aller de 7 à 15 ans de prison pour les clients et pour les proxénètes – mais plutôt d’avoir des référents dans chaque parquet, assure à Europe 1 l’entourage d’Adrien Taquet.

Il s’agit également de donner de nouveaux moyens d’enquête. À Paris, par exemple, la police judiciaire a créé depuis septembre un groupe spécialisé sur le sujet au sein de la brigade de protection des mineurs. Mais ce dispositif n’est pas forcément généralisable à l’ensemble du territoire.

Des jeunes filles majoritairement âgées de 15 à 17 ans

D’après le groupe de travail animé par la magistrate Catherine Champrenault, dont le rapport a inspiré ce plan, le phénomène touche surtout des jeunes filles, âgées de 15 à 17 ans, entrées dans la prostitution de plus en plus tôt, entre 14 et 15 ans pour plus de la moitié d’entre elles. 

Ce plan compte quatre axes : « sensibiliser, informer et mieux connaître » le phénomène, « renforcer le repérage à tous les niveaux » des jeunes impliqués, « accompagner les mineurs en situation prostitutionnelle » et « poursuivre et réprimer plus efficacement » clients et proxénètes.

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