L’anglo-néerlandais Shell tourne le dos aux Pays-Bas

FOCUS – Depuis 1907, la major pétrolière Royal Dutch Shell affichait sa double appartenance britannique et néerlandaise. Ses dirigeants ont annoncé lundi qu’ils y mettaient fin.

La compagnie pétrolière, qui se diversifie activement dans les énergies renouvelables, s’appellera dorénavant Shell. Elle abandonne du même coup son siège stratégique à Rotterdam, où travaillaient ses dirigeants, qui rejoindront Londres, au grand dam du gouvernement néerlandais.

Derrière les symboles, Shell vise surtout à simplifier la structure de ses actions. Le groupe comprend deux types de titres. À l’issue de la réorganisation, il n’en comptera plus qu’un seul – même si la triple cotation à Londres, New York et Amsterdam demeure.Grâce à cette décision technique, Shell se libère surtout du plafonnement de facto qui limitait ses rachats d’actions, retiennent les analystes financiers. Jusqu’à présent, Shell ne pouvait pas racheter pour plus de 2,5 milliards de dollars par trimestre. La future structure permettra d’aller bien au-delà. Et ce, au moment même où la major veut rendre à ses actionnaires les gains tirés de la vente pour 9 milliards de dollars de ses activités dans le gaz et pétrole de schiste américain.

Cette annonce survient dans un contexte compliqué pour le groupe. Celui-ci a été récemment condamné par un tribunal néerlandais à accélérer sa transition vers les énergies décarbonées. De plus, le fonds de pension néerlandais ABP a annoncé le mois dernier qu’il sortait des valeurs fossiles, y compris de Shell. La major est aussi attaquée par l’activiste Third Point, qui réclame de scinder son activité autour des énergies vertes afin de la mettre en Bourse. Shell souligne que l’opération n’aura pas d’incidence fiscale significative. Les actionnaires devront se prononcer sur cette réorganisation le 10 décembre.

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