comment évolue le coût d’usage des véhicules

ENQUÊTE – Le coût moyen des flottes a reculé de 5,1% en 2020 grâce à la contraction des postes de dépenses.

Alors que les prix flambent dans de nombreux secteurs, l’inflation épargne les parcs automobiles des sociétés. Mieux, le coût d’un véhicule d’entreprise revient au niveau de 2012. Après trois années de hausse entre 2017 et 2019, la tendance s’est inversée l’an dernier. Cette bonne nouvelle est portée par l’Arval Mobility Observatory, le laboratoire d’idées de BNP Paribas qui mesure chaque année l’évolution des coûts dans les flottes. Pour évaluer les budgets automobiles, ses experts ont développé le concept de TCO (Total Cost of Ownership), qui prend en compte l’ensemble des dépenses liées à l’exploitation d’un véhicule pour en appréhender le poids total et pouvoir le comparer avec d’autres modèles sur une base équivalente. Il y a dix ans, l’Arval Mobility Observatory s’est emparé de ce concept pour créer le TCO Scope, un baromètre annuel dédié à l’étude de l’évolution des coûts de détention.

En 2020, le prix de revient kilométrique moyen (PRK) s’est établi à 0,372 euro TTC. Cet indicateur a été calculé à partir du coût total moyen pondéré d’un échantillon de 267 656 voitures avec un kilométrage annuel de 25.000 km, soit des contrats de location longue durée de 48 mois et 100.000 km. Ce PRK est en baisse de 5,1 % par rapport à 2019 mais n’est pas encore revenu à son niveau le plus bas de 2016. «Le coût des carburants subit une baisse significative, indique l’Arval Mobility Observatory, puisque les simulations ont été effectuées sur la base du prix moyen du litre en 2020, soit environ 1,34 euro TTC le litre d’essence (14 centimes de moins par rapport à 2019), 1,26 euro le litre de gazole (18 centimes de moins par rapport à 2019) et, pour les électriques, un montant de 2 euros pour 100 km (identique à 2019).» La flambée actuelle des prix du pétrole laisse toutefois augurer une hausse du PRK de l’année 2021. Autre explication, la présence de plus en plus marquée des véhicules électriques dans les parcs automobiles des entreprises influe à la baisse sur la fiscalité et sur l’entretien.

La dépréciation

En 2020, le coût total moyen pondéré atteint 37.520 euros, contre 39.301 euros en 2019. Dépréciation du véhicule, frais financiers, entretien, pneus, assurance, énergie, charges fiscales et sociales, tous les postes partent à la baisse. En revanche, le poids respectif de ces différents postes ne bouge pas. Principale composante du TCO, la dépréciation exprime la différence entre le prix d’achat du véhicule et sa valeur prévisible de revente à la fin des 48 mois de détention, notion exprimée sous le nom de valeur résiduelle par les loueurs longue durée. En 2020, le montant de la dépréciation s’est fixé à 15 041 euros, soit une baisse de 4,51 %, contre + 1,96 % en 2019 et + 7 % en 2018.

Deuxième poste de dépense pour les flottes, les charges fiscales et sociales pèsent pour 23,20 % du TCO. Ce budget intègre la TVS, les amortissements non déductibles et les charges sociales sur les avantages en nature. «L’État et les organismes sociaux représentent un poids important dans le coût d’usage d’une flotte de véhicules particuliers», estime le think-tank. Cette part est d’autant plus importante que la TVA non déductible sur les achats des biens et services n’est pas prise en compte alors qu’elle représente un surcoût de 20 % pour ce poste. Il n’empêche, ce budget est également en baisse (- 1,98 % à 8 719 euros). Avec une focale plus large, la situation paraît moins favorable, puisque ce poste a augmenté de 11,62 % entre 2012 et 2020.

Avec 7 207 euros et 19,22 % du TCO, l’entretien, y compris les pneus et l’assurance, forme la troisième masse budgétaire. Là encore, ce poste s’infléchit et perd 2,1 %. À l’exception de 2016, 2020 est l’année où ce poste aura été le plus bas. L’énergie arrive en quatrième position avec 13,63 % du coût d’usage d’un véhicule. En valeur, elle représente 5 113 euros, contre 5 918 euros en 2019, soit une baisse de 13,6 %. Cette tendance s’explique par des prix à la pompe en baisse sur la période considérée. Fait notable: entre 2012 et 2020, le poids de l’énergie dans le PRK total a reculé de 5,37 %.

Le TCO Scope analyse également l’évolution des coûts selon les segments du marché automobile. À l’exception du segment supérieur (type Audi Q5), tous les PRK sont en baisse. Par rapport à 2019, le segment Eco (Renault Twingo) affiche la plus forte baisse (- 7,55 %, à 0,245 euro TTC/km) suivi du segment inférieur (Renault Clio) (- 4,76 % à 0,280 euro TTC/km) et du segment moyen supérieur (VW Tiguan) (- 2,61 % à 0,448 euro TTC/km). Le PRO du segment moyen inférieur (Peugeot 308) ne bouge pas en 2020, à 0,417 euro TTC/km, quand celui du segment supérieur s’apprécie de 3,8 %, à 0,634 euro TTC/km.

Selon l’Arval Mobility Observatory, cette baisse générale s’explique par le recul des motorisations essence, plus émettrices de CO2 et plus consommatrices de carburant, au profit des modèles électrifiés à la fiscalité plus favorable et pour certains d’entre eux plus sobres. Entre 2012 et 2020, le segment luxe (BMW X5) est le seul à voir son TCO baisser (- 6,72 %). Sur la même période, le supérieur (+ 18,1 %) et le moyen inférieur (+ 11,2 %) progressent selon un pourcentage à deux chiffres.

Offrant un panorama complet, le TCO des véhicules ne doit pas occulter les autres coûts d’exploitation d’une flotte: les tâches administratives, de gestion et d’organisation. Selon une étude de SesamLLD, le syndicat des loueurs longue durée, 58 heures sont nécessaires par an et par véhicule pour réaliser ces tâches. Surtout, le comportement du conducteur est essentiel pour maîtriser les coûts. De mauvaises pratiques peuvent renchérir le TCO de 40 %.

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