« Le ‘quoi qu’il en coûte’ a été justifié et a plutôt fonctionné »

Le dernier projet de budget du quinquennat d’Emmanuel Macron est examiné ce jeudi au Sénat, après son passage devant l’Assemblée. Un budget que l’opposition qualifie de fantaisiste et d’électoraliste. Les députés ont notamment voté « l’amendement le plus cher de la Ve République », une promesse de 34 milliards d’euros d’investissements pour décliner en plusieurs années le plan d’investissements France 2030 annoncé par le chef de l’Etat pour « réindustrialiser » le pays et « décarboner » l’économie.

Invité sur Europe Matin jeudi, le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, a estimé que le « quoi qu’il en coûte » voulu par le chef de l’Etat est justifié. « La sincérité du budget, de mon point de vue et de celui de la Cour des comptes, n’a jamais été en cause (…) Le ‘quoi qu’il en coûte’ a été je crois justifié. Il fallait dépenser ces sommes et cet argent public pour permettre de limiter les impacts de la crise sur les agents économiques et les ménages et ça a plutôt fonctionné », a-t-il dit avant de poursuivre. « Le ‘quoi qu’il en coûte’ a été justifié, voire nécessaire et légitime ».

L’économie « en croissance extrêmement forte »

Selon lui, l’économie française « est en croissance extrêmement forte ». « Cette croissance peut même être un peu sous estimée. Nous avons déjà 6,6% de croissance au troisième trimestre et on pourrait avoir un peu plus », a-t-il affirmé. Un constat qui pourrait également entraîner un déficit 2021 un peu moins élevé qu’attendu selon le premier président de la Cour des comptes.

« En sortie de crise, nous devons regarder les conséquences de ce qui a été fait et nous avons un déficit à 5% en 2022, qui reste élevé, et un niveau de dette publique de près de 115%, qui est aussi élevé », a-t-il détaillé. « Cette question est une question financière mais aussi économique et démocratique, qui devra être présente dans le débat de l’année prochaine. »

 

Pierre Moscovici l’a assuré, la dette publique peut être « bien gérée ». « Nous avons des taux d’intérêt qui sont bas, nous avons une politique de la Banque centrale très proactive mais qui devra être ajustée dans les années qui viennent, donc cette dette elle devra être remboursée. Et elle pèse forcément sur les générations futures », a-t-il encore soulevé. 

« L’annulation [de la dette] est une fiction »

Pour lutter contre cette dette publique, il existe selon le premier président de la Cour des comptes deux solutions. « L’annulation est une fiction. C’est un mensonge sympathique qui créé des désillusions et finit par se retourner contre le citoyen. Donc il faut miser sur la croissance et investir dans l’avenir. Et ensuite être aussi très sélectif sur la qualité de la dépense publique », a-t-il posé.

Il a enfin insisté sur l’après élection présidentielle. « Il faudra absolument que l’on bâtisse une trajectoire de finances publiques avec une loi de programmation qui montre comment entre 2023 et 2027 on réduit la dette publique avec une maîtrise de la dépense publique indispensable et sélective. C’est-à-dire investir là où il faut, à savoir dans l’écologie, le numérique, la recherche, l’innovation, la formation et l’éducation. Tout en économisant là où c’est possible. » 

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