hausse des contaminations, annulations en chaîne… les restaurateurs très inquiets pour leur réveillon

Amputée de cette soirée de la Saint-Sylvestre, la profession s’attend à un chiffre d’affaires en berne en décembre, l’un des mois les plus importants de l’année.

Malgré le soulagement de ne pas voir instaurer un couvre-feu pour le réveillon de la Saint-Sylvestre, le moral est au plus bas dans les restaurants. «Généralement le soir du 31 décembre, les établissements installent une décoration festive, font venir un orchestre pour inciter les gens à danser, chanter, s’embrasser… Tout ce qui est interdit aujourd’hui. L’ambiance sera donc un peu triste», regrette Didier Chenet, président du groupement national des indépendants (GNI). «On aura peut-être le droit de lancer des cotillons, et encore…», ironise-t-il.

Depuis le 9 août dernier, les restaurants ont l’obligation de contrôler les passe sanitaires de leurs clients. Ces derniers ont interdiction de danser, selon un décret annoncé le 8 décembre pour quatre semaines et ne peuvent être servis qu’à table et non au comptoir. Une ambiance morose qui n’encourage pas les Français à se rendre au restaurant pour célébrer la nouvelle année. Depuis plusieurs jours, les appels de clients annulant leurs réservations se multiplient. Et la prise de parole du premier ministre et du ministre de la santé, lundi, sur la situation sanitaire du pays a un peu plus renforcé l’inquiétude générale, constate Didier Chenet. «Quand on leur dit que vous pouvez bien manger mais pas faire la fête, certains clients préfèrent réveillonner chez eux», commente-t-il.

Certains préfèrent rester fermés

La flambée des contaminations au Covid-19 — près de 180.000 nouveaux cas annoncés ce mardi — est, elle aussi, responsable des annulations en chaîne. «Nous en avons beaucoup. Des gens qui devaient être huit à table nous appellent pour nous dire qu’ils ne seront finalement plus que trois», témoigne Bruno Lemoyne cogérant du restaurant l’Edelweiss à Rennes. Plutôt que d’ouvrir avec la crainte d’une salle quasi-vide, l’établissement a fait le choix de fermer leurs portes le soir du réveillon. «Ça fait onze ans que nous sommes ouverts pour le 31 décembre mais comme nous ne savions pas ce que le premier ministre allait annoncer et que nous avions peur de l’instauration d’un couvre-feu ou de jauges, nous avons pris la décision il y a dix jours de ne pas accueillir de clients ce soir-là», raconte Bruno Lemoyne, d’une voix sombre. Dans son restaurant de spécialités savoyardes, il se souvient être resté avec «plusieurs raclettes sur les bras» à l’annonce du précédent confinement. Cette fois, il n’a pas voulu prendre le risque. Et il n’est pas le seul, confirme Didier Chenet. «Il n’y a pas assez de clients et les restaurateurs ne veulent pas faire un faux réveillon. Certains préfèrent aussi ne pas prendre de risques en ouvrant au vu du développement de l’épidémie», analyse-t-il.

Le manque de personnel causé par les nombreuses contaminations a également contraint certains restaurateurs à fermer leurs portes. «C’est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des restaurateurs qui s’ajoute à tous les problèmes qu’ils rencontrent déjà», soupire le président du GNI.

Une baisse de 50% du chiffre d’affaires en décembre

Amputé de la soirée du réveillon, la profession s’attend à un chiffre d’affaires en berne en décembre, l’un des mois les plus importants de l’année. Selon Hubert Jan, président national de la branche restaurateurs de l’Union des métiers de l’industrie et de l’hôtellerie (Umih), le chiffre d’affaires du dernier mois de l’année pourrait enregistrer une baisse globale de 50%. Et les restaurateurs ne sont guère plus optimistes pour l’avenir à l’instar de Bruno Lemoyne de l’Edelweiss qui compte rester prudent sur son approvisionnement et ses commandes dans les semaines à venir au cas où de nouvelles restrictions viendraient assombrir le commencement de 2022.

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