Christiane Taubira estime qu’à gauche, il est possible de «gouverner ensemble»

L’ancienne ministre Christiane Taubira, candidate « envisagée » à la présidentielle d’avril 2022, a estimé mercredi que les « convergences » idéologiques à gauche « sont suffisantes pour nous permettre de gouverner ensemble cinq ans », malgré les divisions affichées à ce stade de la campagne. « A gauche, nos convergences sont suffisantes pour nous permettre de gouverner ensemble cinq ans », a-t-elle lancé dans une tribune publiée par Le Monde, appelant de nouveau les autres candidats de gauche « à une nouvelle aventure collective », « un nouvel épisode de notre épopée humaniste ». 

Selon l’ancienne garde des Sceaux sous François Hollande, les forces de gauche, aujourd’hui fragmentées entre plusieurs candidatures à l’Élysée, sont « liées par un destin collectif qui transcende les péripéties personnelles ».

Pour Christiane Taubira, « les convergences ne manquent pas », « même avec des nuances », notamment sur « le choc climatique », les « services publics » ou encore « l’école », a-t-elle jugé, « malgré une propension avérée à inventer entre nous des querelles insurmontables ».

Pour autant, elle n’a pas nié « les divergences » idéologiques qui existent sur certains sujets à gauche, dont le « rapport à l’Union européenne » et « le débat sur les sources d’énergie » qui « ne peut être évacué ». Mais « de ces désaccords, combien sont insurmontables ? », s’est-elle interrogée, estimant de nouveau qu’une primaire est nécessaire « pour trancher sur ces grands enjeux ». Anne Hidalgo se dit également favorable à une primaire, mais Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Fabien Roussel ont tous, à ce stade, refusé. « Nous savons ce qu’il faut faire. Nous savons comment faire », a-t-elle plaidé.

Une volonté de réduire « les inégalités sociales »

Dans cette tribune parue dans Le Monde, l’ancienne députée de la Guyane a par ailleurs appelé à « mettre fin à la prédation économique » et « augmenter le salaire minimal » dans le cadre plus large d’une « politique fiscale juste, qui rétablisse l’impôt sur la fortune » (ISF). Sur « les inégalités sociales et les injustices », la gauche « a (sa) part » de « responsabilité » selon l’ancienne ministre, qui a exhorté à « rétablir de la justice sociale et instaurer une justice environnementale », pour « traduire en politiques publiques des revendications dispersées et légitimes ».

Christiane Taubira, qui ne laisse que peu de doute sur une future candidature à une primaire, a enfin réaffirmé le rôle essentiel de « la République laïque », « notre bien commun suprême », « qui nous fait tenir ensemble ». « Je sais pour qui je veux me battre », a-t-elle assuré, interdisant à la gauche « le droit de nous complaire dans la torpeur », au risque de voir « la jeunesse nous mépriser » et « les autres nous tenir pour insignifiants ».

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