Pfizer, Doctolib, Facebook… Le top et flop des entreprises en 2021

Alors que certaines entreprises ont profité à plein de cette année Covid, d’autres ont au contraire connu une véritable annus horribilis.

Après une nouvelle année marquée du sceau du Covid-19, il y a d’un côté les entreprises qui rient, et de l’autre celles qui pleurent. À l’heure du passage à 2022, il est temps de tirer le bilan de l’année, côté business. Succès, croissance, popularité… Certaines sociétés ont profité de 2021 pour se renforcer, pendant que d’autres, impliquées dans des scandales ou enchaînant les crises, en sortent au contraire fragilisées. Le Figaro a sélectionné cinq entreprises au top en 2021, et cinq qui ont connu un flop.

Le top des entreprises en 2021

  • Pfizer, le numéro un du vaccin anti-Covid

Le vaccin anti-Covid de Pfizer et BioNTech. SEBASTIEN BOZON / AFP

En cette année de vaccination contre le Covid-19, Pfizer est sans conteste sorti du lot. Le géant pharmaceutique américain a été l’un des plus rapides à élaborer un vaccin contre ce coronavirus, dès la fin 2020 – en partenariat avec la biotech allemande BioNTech. Il est vite devenu incontournable dans la stratégie vaccinale des pays occidentaux et a écrasé tous ses concurrents. Le groupe devrait avoir écoulé en 2021 pas moins de 2,3 milliards de doses de son produit, basé sur l’ARN messager, pour un chiffre d’affaires de 36 milliards de dollars. De quoi faire de ce vaccin, autorisé dans près de 120 pays, le médicament le plus vendu en un an de l’histoire de l’industrie pharmaceutique. Et grâce auquel le chiffre d’affaires de Pfizer devrait dépasser les 100 milliards de dollars l’an prochain, selon les estimations d’un analyste de SVB Leerink.

  • Doctolib, un pivot de la vaccination contre le Covid

Doctolib est devenu un pion essentiel de la stratégie vaccinale du gouvernement. Postmodern Studio / Adobe Stock

En 2021, il est un site qui s’est invité dans notre onglet «Favoris». Déjà incontournable depuis plusieurs années pour la prise de rendez-vous avec des professionnels de santé, Doctolib a pris encore une autre dimension à la faveur de la pandémie, où il est devenu un acteur de premier plan dans la campagne vaccinale du gouvernement. Un chiffre est là pour le montrer : à la fin septembre, 85% des rendez-vous de vaccination étaient enregistrés depuis la plateforme créée en 2013. Ne restent que des miettes pour les deux autres sites sélectionnés par le gouvernement pour assurer la prise de rendez-vous, que sont Maiia et KelDoc.

  • TikTok, l’application qui fait de l’ombre à Facebook et YouTube

L’application TikTok est très prisée des adolescents. tashatuvango / stock.adobe.com

Elle s’est imposée dans les smartphones des adolescents de toute la planète, au point de faire de l’ombre à Facebook, Instagram et YouTube. Après avoir profité à plein des confinements en 2020, TikTok a poursuivi sur sa lancée en 2021, bien aidé encore par les restrictions liées au Covid-19. Fin septembre, l’application chinoise de partage de courtes vidéos a annoncé avoir dépassé le milliard d’utilisateurs actifs mensuels, quatre ans seulement après son lancement. En l’espace d’une année, ce chiffre a bondi de 45%. En 2021, TikTok a même été le site internet le plus consulté au monde, devant Google, d’après le classement de l’entreprise américaine Cloudflare. Et ce, malgré des polémiques sur la collecte de données personnelles de mineurs, le culte du corps qu’elle alimente ou le manque de modération.

  • LVMH, un géant du luxe passé au travers de la pandémie

LVMH a connu une croissance exceptionnelle en 2021, malgré le Covid-19. Martin BUREAU / AFP

En cette période de pandémie, s’il y a bien un secteur qui ne connaît pas la crise, c’est bien celui du luxe. Comme en témoigne l’année record qu’a connue le groupe français LVMH, numéro un mondial du marché. Si ses résultats financiers du quatrième trimestre ne sont pas encore connus, ceux du troisième trimestre font état d’une croissance exceptionnelle. Sur les neuf premiers mois de 2021, les ventes du groupe, propriétaire notamment de Louis Vuitton et Moët Hennessy, se sont élevées de 44,2 milliards d’euros, soit une hausse de 46 % par rapport à 2020. Sa croissance sur cette période a également été supérieure à la même période en 2019 (+11%), soit avant la pandémie. Une année 2021 en tous points réussie pour le groupe, qui a racheté en janvier le joaillier américain Tiffany pour 15,8 milliards de dollars.

  • SpaceX, partenaire majeur de l’exploration spatiale

La fusée Falcon-9 de SpaceX a notamment envoyé Thomas Pesquet dans l’espace cette année, à bord de la capsule Crew Dragon. AUBREY GEMIGNANI / NASA / AFP

En 2021, SpaceX aura confirmé son statut d’acteur de premier plan en matière d’exploration spatiale. Après avoir envoyé fin 2020 ses premiers astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS) grâce à sa fusée Falcon-9 et sa capsule Crew Dragon, la société d’Elon Musk a lancé deux missions similaires en 2021, toujours pour la Nasa. L’une d’elles a notamment mis sur orbite l’astronaute français Thomas Pesquet. Le programme Starship de SpaceX, destiné à fabriquer une méga fusée réutilisable, a par ailleurs connu un succès retentissant en mai. Après quatre vols conclus par des explosions à l’atterrissage, le cinquième essai a été le bon : la fusée, choisie par la Nasa pour le retour des Américains sur la Lune (reporté à 2025 au plus tôt), est parvenue à atterrir sans encombres. Elle devrait tenter son premier vol orbital en début d’année prochaine. SpaceX a également fait les gros titres cette année pour avoir envoyé quatre touristes dans l’espace en septembre, ouvrant la voie du tourisme spatial, après Virgin Galactic et Blue Origin (la société de Jeff Bezos).

Le flop des entreprises en 2021

  • Facebook, dans la tempête des «Facebook Files»

La lanceuse d’alerte Frances Haugen, ex-salariée de Facebook. ELIZABETH FRANTZ / REUTERS

Après l’affaire Cambridge Analytica, les accusations de diffusion de fake news ou le partage de données personnelles de ses utilisateurs à d’autres entreprises, Facebook a été éclaboussé par un énième scandale en 2021. La lanceuse d’alerte Frances Haugen, ex-salariée du géant américain, a fait fuiter en septembre des milliers de pages de documents internes du groupe, baptisés «Facebook Files», qui jettent une lumière crue sur les pratiques controversées du groupe. Manque de modération, minimisation du mal-être provoqué par Instagram sur les adolescents, promotion de fake news… Les révélations font mal à Facebook et provoquent une grave crise dans le groupe. Pour tenter de faire oublier tous ses déboires, il annonce fin octobre changer de nom, pour devenir Meta. Pas de quoi bouleverser l’image de l’entreprise, si l’on en croit un récent sondage réalisé par Yahoo Finance, dans lequel Facebook a obtenu la palme de «pire entreprise de l’année», loin devant Alibaba.

  • Sanofi, un vaccin anti-Covid qui se fait attendre

Le vaccin anti-Covid de Sanofi n’a toujours pas vu le jour. desertsands / stock.adobe.com

Si le vaccin français contre le Covid-19 se fait toujours attendre, c’est que Sanofi, pourtant rapidement engagé dans la course, n’est toujours pas parvenu à sortir son sérum. Le géant pharmaceutique tricolore a en effet accumulé les retards, liés d’abord à une erreur de dosage lors des premières phases d’essais cliniques. Alors qu’il était attendu pour la fin 2021, son vaccin à protéine recombinante ne sera finalement pas disponible avant 2022, a récemment annoncé le laboratoire français. Un échec majeur pour Sanofi, aussi bien en termes d’image – certains Français espéraient pouvoir se faire vacciner avec un sérum français – qu’en matière commerciale.

  • Huawei, la dégringolade de l’ex-numéro un du smartphone

Huawei est sous le coup de sanctions américaines. DADO RUVIC / REUTERS

Après avoir brièvement grimpé tout en haut du marché des smartphones mi-2020, la chute est rude pour Huawei. Sous le coup d’étouffantes sanctions américaines, le fabricant chinois – accusé d’espionnage pour le compte de Pékin – a quitté cette année le top 5 mondial, dominé par Samsung, Apple et Xiaomi. Selon le cabinet Omdia, le constructeur chinois a même plongé à la 10e place mondiale au troisième trimestre, avec seulement 3% des ventes. L’entreprise a estimé fin septembre que les revenus de sa division smartphone allaient chuter d’au moins 30 à 40 milliards de dollars en 2021, après que celle-ci lui a rapporté près de 50 milliards de dollars l’année dernière.

  • Boeing, des problèmes techniques en cascade

L’année avait bien commencé pour Boeing, avec la réautorisation de vol du 737 MAX dans le ciel européen. STEPHEN BRASHEAR / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Deux rivaux, deux destins opposés en 2021. Face au succès insolent de son principal rival Airbus, qui a enchaîné les gros contrats, Boeing semble bien pâle. Pourtant, l’année semblait s’ouvrir sous les meilleurs auspices pour l’avionneur américain, avec la réautorisation de vol du 737 MAX dans le ciel européen, après deux crashs mortels en 2018 et 2019. Mais Boeing a par la suite connu une avalanche de problèmes techniques, notamment sur son long-courrier 787 Dreamliner, dont les livraisons ont été suspendues pour la deuxième fois en mai dernier. Le constructeur est également empêtré dans des problèmes de certification de son 777X, qui ne pourrait survenir pas avant mi-2023. Pour couronner le tout, sa capsule spatiale Starliner, qui doit servir à la Nasa pour acheminer ses astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS), a vu un vol d’essai crucial être annulé en août, pour cause de soucis techniques. Le coup pourrait être retenté en mai 2022.

  • Hydroption, victime de la flambée des prix de l’électricité

Les marchés de gros de l’électricité ont vu leurs prix flamber en 2021. Mike Mareen / stock.adobe.com

Si elle est loin d’être l’entreprise la plus connue de ce bilan de fin d’année, Hydroption est pourtant symbolique d’un fait majeur de l’année 2021 : la flambée des prix de l’énergie. Ce fournisseur d’électricité, dont la mairie de Paris, l’armée et l’État figuraient parmi ses clients, en a été la première victime. Début décembre, l’entreprise a été liquidée, faute de repreneur. Si la société est pour l’instant la seule à avoir fait faillite en France, la hausse brutale des prix de gros de l’énergie (électricité et gaz) a mis en difficulté nombre d’autres fournisseurs alternatifs. Pour tenir le choc, certains ont fait augmenter la facture de leurs clients, d’autres ont supprimé des offres, et quelques-uns d’entre eux ont même décidé de refuser les nouveaux clients.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici