Pour Michel Onfray, les Français ne sont pas «juste des gens qui bouffent du foie gras»

Invité du Grand rendez-vous sur Europe 1 dimanche, Michel Onfray réagissait au tweet de Valérie Pécresse
dans lequel la candidate à l’élection présidentielle donnait sa définition « d’être Français » en réponse à la polémique sur le foie gras. Pour elle : « Être Français, c’est avoir un sapin de Noël, c’est manger du foie gras, c’est élire Miss France et c’est le Tour de France. » Une définition réductrice pour le philosophe qui dénonce « un mépris » de la classe politique. « Aimer les gitanes et rouler au diesel aussi ? (…) Je pense que ces gens-là, la classe politique, veulent absolument récupérer le peuple. C’est même un peu comme Zemmour quand il vient nous dire, en gros, on va supprimer le permis à points. » 

« Pas juste des gens qui bouffent du foie gras »

Pour le philosophe, cette définition du Français retranscrit un manque de « culture » de la candidate LR. « Ce n’est pas ça le peuple quand même. Ce n’est pas juste des gens qui bouffent du mauvais foie gras au pied d’un sapin de Noël. Je veux bien que l’on puisse dire des choses comme ça. Ce n’est pas complètement faux. Mais elle aurait pu en appeler aux Mythologies de Roland Barthes, par exemple, en expliquant que c’était la DS, le steak frites, l’Abbé Pierre, le Tour de France. » 

Un manque de culture donc qui ne permettrait pas « d’embrasser la civilisation française » telle qu’elle est. « On peut imaginer qu’il y a quand même une autre histoire de France que celle du foie gras du sapin de Noël. » Pour le philosophe, être Français, c’est avant tout « aimer la France, point à la ligne ». Et ce, quel que soit « sa couleur de peau, sa religion ou son origine ». 

Un « coup de foudre »

Mais alors, aimer la France, est-ce le résultat d’un « coup de foudre » ou un amour qui se construit ? Les deux, répond le philosophe. « Je vais dire que pour un Néo-zélandais, il va falloir construire une image de la France. Mais pour quelqu’un qui naît en France, ça dépend aussi de son milieu, de ses parents, de l’époque, de l’école, ce qu’on lui aura fait lire, écouter, entendre, etc. Donc, l’amour, ça existe avec des coups de foudre, mais ça existe aussi avec la construction. Ça ne suffit pas un coup de foudre pour passer une vie avec quelqu’un. » Cet amour nait aussi d’une compréhension. 

Aimer et comprendre la France

« Je ne dis pas que si vous êtes musulman, donc vous ne pourrez jamais aimer la France. Je me souviens de Renaud Camus qui, jadis, disait qu’un certain nombre d’individus ne pourraient pas comprendre le théâtre de Racine parce qu’il fallait ceci et cela. Non, pour comprendre le théâtre de Racine, il faut suffisamment lire le français et je pense qu’il y a plein de gens qui sont français (avec dix générations de parents français) et qui ont du mal aujourd’hui à lire Racine. Non, ce n’est pas seulement aimer et comprendre Racine, mais c’est aimer et comprendre la France. » 

Aimer et comprendre ces figures comme « cet espèce de génie de Montaigne » ou encore « la folie de Rabelais » mais aussi la « grandeur littéraire et politique de Victor Hugo ». Autrement dit, « tous ces gens qui, quelle que soit leur religion, leur origine, ont aimé la France et ont contribué à son rayonnement », conclut le philosophe.

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