Les rumeurs d’OPA d’Auchan font flamber Carrefour

Mi-octobre, Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, avait interrompu les négociations en vue d’un rachat.

Le spectre d’un mariage entre Auchan et Carrefour agite de nouveau les marchés financiers. Le titre Carrefour a flambé de 5,09 % mercredi, pour clôturer à 17,25 euros. Une éruption déclenchée, en début d’après-midi, par la diffusion d’une dépêche Bloomberg révélant qu’Auchan songeait à une nouvelle offre pour acheter Carrefour.

Mi-octobre, Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, avait interrompu les négociations en vue d’un rachat par Auchan. L’opération aurait été payée 21,50 euros par action, à 70 % en cash et 30 % en titres Auchan. Mais le schéma ne convenait pas à la famille Moulin, premier actionnaire de Carrefour (11 %), qui n’envisage qu’une sortie 100 % en cash.

Mais l’Association familiale Mulliez (AFM), qui possède 97 % d’Auchan (le reste est détenu par les salariés) n’a pas fait son deuil d’un mariage. Et pour cause: le conseil de gérance de l’AFM estime qu’il permettrait de dégager 2 milliards d’euros de synergies et de créer 5 milliards de valeur industrielle, par la mise en commun des actifs et expertises des deux groupes dans la distribution physique, le digital et les données clients. «Quand les contours de ce projet avorté ont été rendus publics, cela a attisé l’intérêt des fonds d’investissement», assure un acteur du dossier.

«Pas le bon moment»

De fait, depuis novembre, le banquier d’affaires Vincent Le Stradic (Lazard) et l’avocat Pierre-Yves Chabert (Cleary Gottlieb) n’ont pas ménagé leurs efforts pour négocier avec sept ou huit fonds et bâtir un projet d’offre permettant de proposer aux actionnaires de Carrefour une sortie intégralement en cash. Ils espéraient même être en mesure de présenter une offre avant Noël à la famille Moulin. Las. Pour le moment, ils n’ont pas réussi, et rien n’indique qu’ils y parviendront. Selon nos informations, le plus dur n’est pas tant de convaincre deux ou trois fonds de s’associer à une OPA. C’est d’embarquer la majorité de l’AFM dans un projet ambitieux et complexe, auquel Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan, est opposé. «Ce n’est pas le bon moment», reconnaît un ardent défenseur du mariage.

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