pourquoi la mobilisation des enseignants embarrasse l’exécutif

Jacques Serais, édité par Gauthier Delomez
08h08, le 12 janvier 2022

Ce jeudi, près de 75% des enseignants devraient faire grève pour protester contre les multiples changements du protocole sanitaire dans les écoles. Une mobilisation inédite depuis 2017 qui vise le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, et qui inquiète l’exécutif à trois mois de la présidentielle.ANALYSE

Une première depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron
: les onze syndicats d’enseignants aux côtés de la principale fédération de parents d’élèves ont appelé à la grève massive ce jeudi. En cause, les exaspérations face aux multiples changements du protocole sanitaire dans les écoles
. La moitié des établissements devrait resté fermé jeudi, jour pendant lequel 75% du personnel pourrait débrayer
. Une mobilisation qui fait frémir certains conseillers de l’exécutif, alors que le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, cristallise la colère.

Le potentiel ultra inflammable d’une telle mobilisation

Le chef de l’Etat a fait du maintien des écoles ouvertes sa stratégie, la singularité de la France face à la propagation du variant Omicron
au regard des autres pays européens. Un atout revendiqué, une carte maitresse dans cette campagne en passe de se transformer en caillou dans la chaussure présidentielle. La semaine dernière, Emmanuel Macron avait lui-même admis l’erreur de son ministre de l’Education nationale devant une enseignante : « Je vous donne le point, il faut plus d’anticipation », avait concédé le président, un brin agacé par la publication du protocole par voie de presse, la veille de la rentrée.

Une semaine plus tard, les protocoles n’ont cessé d’évoluer, et c’est Jean Castex qui est monté au créneau. Dans la macronie, certains y voient un désaveu de la part du Premier ministre pour Jean-Michel Blanquer
. Une tentative aussi de circonscrire un début d’incendie. L’exécutif sait le potentiel ultra inflammable d’une mobilisation d’enseignants à trois mois de la présidentielle.

Ne pas perdre de points avant la présidentielle

Emmanuel Macron, qui bénéficiait jusqu’à présent d’une relative bonne image quant à la gestion de la crise sanitaire, n’a aucune envie de perdre des points dans cette dernière ligne droite. Le chef de l’Etat qui s’est retrouvé face à une autre mobilisation, celle des soignants, mardi, qui réclament davantage de moyens pour l’hôpital. Plusieurs manifestations ont eu lieu un peu partout en France, notamment à Paris.

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