Eric Zemmour est «un phénomène majeur», analyse Marcel Gauchet

Laura Laplaud
08h44, le 12 janvier 2022, modifié à
09h59, le 12 janvier 2022

L’auteur de « Comprendre le malheur français », Marcel Gauchet, philosophe, historien du politique, poursuit son analyse du déclin national. Invité d’Europe Matin mercredi, il a répondu aux questions de Sonia Mabrouk. Il est revenu sur la campagne présidentielle et sur la candidature d’un homme qu’il considère comme « un phénomène majeur ». 

Alors que certains candidats à l’élection présidentielle
comme Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Eric Zemmour
peinent à réunir les 500 parrainages d’élus requis pour pouvoir se présenter à l’Elysée, le philosophe Marcel Gauchet
est revenu sur la candidature de l’ancien polémiste Eric Zemmour. « Je ne dis pas que je suis partisan d’Eric Zemmour, j’analyse le phénomène politique qu’il représente qui est à mes yeux un phénomène majeur », a-t-il appuyé au micro de Sonia Mabrouk.

« Le retour du refoulé » dans la campagne présidentielle

« Il met à nu un retour du refoulé dans le jeu politique français », a avancé l’historien du politique, auteur de La droite et la gauche, histoire et destin, chez Gallimard et de Macron, les leçons d’un échec. Comprendre le malheur français II aux éditions Stock. « Les questions qu’on escamote, il les remet au centre et les autres sont bien obligés d’en tenir compte », a-t-il poursuivi sur Europe 1.

La réponse ou l’une des réponses au malheur français pourrait-elle passer par la refondation de l’Europe comme l’a proposé Emmanuel Macron ? Pour Marcel Gauchet, le problème français qui est aussi le problème du chef de l’Etat et de la campagne présidentielle est « l’incapacité à formuler de vrais diagnostics sur la situation où nous sommes ». « Nous parlions de refondation de l’Europe. Mais où sommes-nous en Europe ? Où sommes nous dans le monde aujourd’hui ? C’est par là qu’il faudrait commencer », s’interroge-t-il.

« C’est de ça que souffre la France, elle ne se dit pas la vérité sur ce qu’elle est et tant qu’on en sera là, nous resterons dans ce malheur français », a conclu le philosophe sur Europe 1.

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