comment fonctionne la primaire populaire ?

Du 27 au 30 janvier, des militants de toutes les gauches sont appelés à voter pour la primaire populaire. Peu de candidats à l’élection présidentielle
sont d’accord pour y participer. C’est le cas de Christiane Taubira
. Est-ce que cette primaire est un vote symbolique ? Samuel Gribkowsky, porte-parole de cette primaire populaire, était l’invité de Thierry Dagiral ce midi sur Europe 1. Il assure le contraire : « C’est un mouvement de citoyens issus de toutes les luttes qui se sont organisées pendant ce quinquennat : la lutte féministe, antiraciste, climat, social… »

Ces citoyens « sont désespérés de voir que personne à gauche n’est capable de s’approcher du second tour, et que le meilleur d’entre nous est cinquième en position dans la liste des personnes sondées », détaille-t-il. « Comme on veut sortir de ce désespoir, on a constitué un mouvement d’électeurs orphelins, d’électeurs perdus qui vont faire la campagne de l’un d’entre eux ou l’une d’entre elles. »

Des candidats fantômes ?

Ce fonctionnement ne va-t-il pas amener un risque d’avoir des candidats fantômes, puisqu’il n’y a pas de candidat officiel ? « La primaire populaire, ce n’est pas une primaire classique, c’est davantage une investiture citoyenne », défend Samuel Grzybowski. « Ça veut dire qu’on va accorder notre soutien à quelqu’un dont on va venir gonfler les rangs. » Ce qui implique que potentiellement, les volontaires de la primaire populaire iront « gonfler les rangs de personnes qui n’ont pas voulu reconnaître le scrutin, mais dont on va quand même aller faire la campagne comme Yannick Jadot, Anne Hidalgo ou Jean-Luc Mélenchon », explique le porte-parole.

Il y a aujourd’hui « 5.000 bénévoles formés sur les nouvelles techniques de mobilisation et 300.000 personnes ont signé pour cette primaire populaire juste avant les vacances de Noël ». Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 23 janvier à minuit sur primairepopulaire.fr

Trois mois pour convaincre

À quelques mois de la présidentielle, cette primaire populaire
peut-elle brouiller les pistes, et éloigner la gauche de chance de victoire ? « Je pense qu’on peut aller au second tour », estime le porte-parole de la primaire. « Surtout, on peut gagner cette présidentielle parce qu’on a besoin de changer la vie des gens pour répondre aux urgences alimentaires sociales féminines qui sont extrêmement présentes aujourd’hui dans la société. »

Et le porte-parole de rappeler un sondage publié par la Fondation Jean-Jaurès sur l’abstention. « L’abstention la plus haute prévue est à gauche », déplore Samuel Grzybowski. « Les sympathisants de gauche, peu importe leur parti, sont 35% à ne pas souhaiter s’exprimer lors de cette présidentielle, contre 15% à droite. » Pour lui, cela signifie que les « électeurs d’aujourd’hui sont dégoûtés ». Le porte-parole assure qu' »un électeur sur deux ne connaît pas son vote au premier tour de la présidentielle ». « Il nous reste trois mois pour convaincre, et convaincre, on le sait, ça passe par rassembler », a-t-il assené.

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