La pandémie a porté un coup sévère au commerce en Île-de-France

Selon une étude de la chambre de commerce et d’industrie de la région, le nombre de boutiques a diminué, surtout à Paris et dans les Hauts-de-Seine.

Le Covid a durement éprouvé le commerce francilien. Le constat est flagrant sur certaines artères, comme le boulevard Saint-Michel, la rue de Rennes ou la rue de Rivoli, à Paris, particulièrement frappées par la vacance des commerces. Une étude récente de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Île-de-France dresse le bilan. Entre 2018 et 2021, le nombre de commerces a baissé de 1% dans la région, ce qui représente près de 2000 commerces en moins. À Paris (-2%) et dans les Hauts-de-Seine (-3%), deux départements très touchés par l’absence des touristes et le télétravail, cette évolution est particulièrement marquée.

Le covid a accéléré la mutation du commerce en cours. Les boutiques de chaussures et d’habillement, deux secteurs qui souffrent depuis plusieurs années de la concurrence de la seconde main et d’internet, ont été sévèrement touchées. De nombreuses enseignes se sont adaptées à l’essor des ventes en ligne, qui représentent désormais plus de 20% des ventes, en réduisant leur parc de magasins. Zara a par exemple annoncé en 2020 son intention de fermer 1200 magasins dans le monde. Le groupe Fast Retailing, qui détient Comptoir des Cotonniers, Princesse Tam Tam ou Uniqlo, a fermé plus de 70 boutiques en France. En Île-de-France, cette tendance se traduit par une baisse de 14% des boutiques de vêtements, et de 24% pour les chaussures. Mais la percée de l’e-commerce n’a pas fait des ravages que dans l’habillement. Les magasins de meubles (-14%), les spécialistes de la literie (-40%) et des produits électroménagers (-20%) en ont aussi fait les frais.

Priorité à la mobilité et à la santé

Le visage commercial de la ville, heureusement, se recompose. Il reflète l’évolution des habitudes de consommation. À la place des magasins d’habillement, de chaussures ou d’électronique qui ferment s’implantent d’autres types de commerces. Les commerces alimentaires de proximité ont été portés par la pandémie. Les Français sont allés faire leurs courses alimentaires près de chez eux, ou sur internet. Les supérettes de proximité sont 25% plus nombreuses en Île-de-France en 2021 qu’en 2018. Très présent à Paris, Franprix a par exemple entrepris de mailler le territoire du Grand Paris. Les commerces bios progressent de 13% et les charcutiers traiteurs de 57%.

Pour les consommateurs, la mobilité, la santé et les soins du corps prennent le pas sur l’équipement de la personne. Les magasins de vente et de location de vélos (+47%) ont fleuri ces dernières années en Île-de-France, dopés par l’explosion de la pratique du vélo en partie liée à la pandémie. Les salles de sport et espaces de jeux (+24%), les ongleries (+39%) se développent fortement. Le vieillissement de la population se lit aussi sur les devantures des magasins. Les commerces de prothèses auditives sont en progression de 32% et les agences de services à la personne de 37%. Enfin, l’Île-de-France n’échappe pas à la vague du discount, qui séduit de plus en plus des Français soucieux de leur pouvoir d’achat. Les déstockeurs tels qu’Action ou Normal connaissent un développement fulgurant. Leur nombre a progressé de 115% en 2021. Et ce n’est pas fini.

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