L’Europe se dote d’une flotte de drones de surveillance maritime

L’agence européenne de surveillance maritime signe un contrat avec CLS, filiale du Cnes, qui mettra en œuvre des drones à la demande des États membres.

Renforcer la surveillance des côtes de l’Union européenne afin d’intervenir plus rapidement en cas d’accidents, de trafics illicites ou encore de déversement (déballastage, en terme marin) accidentels ou intentionnels d’eaux souillées d’hydrocarbures en mer : c’est l’objectif de l’Agence européenne de surveillance maritime (AESM), créée en 2003, après l’accident de l’Erika.

L’Agence annonce ce matin la signature d’un premier contrat avec CLS, filiale du Centre national d’études spatiales français (CNES), de fourniture d’une flotte de drones de surveillance maritime. Ce contrat, d’une valeur de 30 millions d’euros sur quatre ans, prévoit la mise à disposition de quatre drones à la demande des États membres de l’Union européenne. Il s’agit d’une première en Europe. « L’AESM peut engager deux déploiements simultanés de deux drones pour le compte de deux pays de l’UE. Ces drones interviennent en complément des moyens de surveillance satellitaires regroupés au sein de CleanSeaNet. C’est la première fois qu’une solution enrôlant des drones civils est déployée pour des missions de surveillance maritime », précise Stéphanie Limouzin, directrice générale adjointe en charge du développement de CLS.

1300 km d’autonomie de vol

La filiale du CNES a acquis ces drones auprès du fabricant portugais Tekever. « Nous avons eu quelques difficultés à identifier le bon partenaire industriel. Nous avons en effet besoin d’appareils spécifiquement adaptés à la surveillance maritime civile, qui soient à la fois très endurants et autonomes », souligne Stéphanie Limouzin. Dotés d’un rayon d’action de 1300 km aller-retour, les drones dont la silhouette évoque celle d’un petit avion affichent 180 kilos sur la balance avec une envergure de 8 mètres. Ils embarquent plusieurs capteurs tels que des caméras vidéo et un système à infrarouge de vision nocturne ainsi qu’un radar maritime et des détecteurs de réseau GSM. « Grâce à un équipement spécifique, l’illuminator, ils peuvent surveiller les bateaux de nuit et s’approcher afin de voir leur immatriculation », précise la directrice générale adjointe de CLS.

Dès qu’une demande est enregistrée, CLS se charge de transporter les drones, d’installer le centre de contrôle et de mettre à disposition des pilotes qui opèrent les appareils à distance si nécessaire. Ces appareils sont autonomes et équipés de communications par satellites pour échanger avec le poste de contrôle, transmettre en temps réel les données et images récoltées et faire évoluer leur mission en fonction de l’évolution de la situation.

Identifier les bateaux contrevenants

Cette flotte de drones doit permettre à l’AESM de « resserrer les mailles du filet » autour des responsables potentiels d’accidents, actes de pollution malveillants, de campagnes de pêche illégale, mais aussi de trafiquants en tout genre (drogues avec les bateaux go-fast, migrants tentant de rejoindre le Royaume-Uni, l’Espagne ou la Grèce par la mer). Elle doit permettre également d’identifier les bateaux contrevenants et de déclencher l’intervention des autorités dans le cadre d’opérations de sauvetage ou d’arraisonnage, plus rapidement.

Cette nouvelle prestation européenne doit être opérationnelle dans quelques mois, selon CLS, une fois obtenues les autorisations de vol auprès des DGAC des pays de l’Union européenne. Compte tenu des zones à surveiller – l’Union européenne compte 71.928 millions de km de côtes -, d’autres contrats pourraient suivre, afin de renforcer cette flotte de drones.

Acquisition de la pépite Meteodyn

Par ailleurs, CLS a annoncé, ce matin, l’acquisition de la pépite française Meteodyn, spécialiste de l’ingénierie du vent, de la météorologie et du climat qui fournit aux compagnies pétrolières et opérateurs de champs éoliens terrestres des prévisions liées aux vents afin de les aider à gagner en efficacité dans la production d’électricité. Cette expertise pointue de Meteodyn est complémentaire de celle de CLS, qui a développé des applications similaires pour les champs d’éoliennes en mer. L’acquisition ouvre en outre à CLS les portes du marché chinois où Meteodyn est implanté.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici