Test Huawei P50 Pro : notre avis

Novembre 2020… soit une éternité dans le monde de la téléphonie. Cette date correspond à la dernière incursion de Huawei sur le secteur premium avec le Mate 40 Pro. Après un (re)tour de chauffe réussi fin 2021 avec deux milieux de gamme, les Nova 9 et Nova 8i, le géant chinois est de retour aux affaires sur son cœur de marché, le smartphone de luxe. Toujours privé de l’utilisation des Google Mobile Services (GMS), le P50 Pro devra aussi composer sans support 5G, vous connaissez la chanson. Au niveau de sa fiche technique, pas de surprise, on la connaissait et elle est musclée, le smartphone ayant été officialisé en Chine en août dernier. Cependant à l’usage, ce P50 Pro a t-il assez d’arguments solides pour replacer Huawei au sommet ? Voici, notre réponse après plusieurs jours d’utilisation.

Design : de toute beauté 

Ce n’est ni une surprise, ni une déception. Depuis plusieurs années, à travers ses anciens modèles Mate et P, Huawei nous a démontré qu’en termes de design, il maîtrisait son sujet. Le P50 Pro en est encore une preuve. Avec ses courbes et ses finitions frôlant la perfection, son châssis extrêmement soigné sur les coins et son dos en verre beige tout en étant diapré, c’est clairement un objet empreint de somptuosité. Comme à son habitude, le constructeur chinois innove en ce qui concerne l’intégration de ses modules photos. La formule du jour est clairement à notre goût tant elle s’intègre parfaitement au tout. Au programme, deux grands cercles reliés par une fine bordure avec une proéminence quasi nulle. En haut trois capteurs – le principal, l’ultra grand-angle et le monochrome – et en bas, le flash et le téléobjectif. Franchement, ce double module photo est, d’un point de vue design, de toute beauté. On dirait presque une enluminure.

 

Certes classique dans son positionnement, la connectique est, soulignons-le, d’excellente facture. Avec sur son menton, un haut parleur, l’autre étant logiquement en haut, un port USB-C et un slot pour carte SIM et nano SIM. Sur la tranche droite, les boutons de volumes, ainsi que de mise en marche, tandis que la tranche gauche est vierge. A noter, le capteur d’empreinte situé sous l’écran se montre toujours aussi rapide

Écran : une dalle presque parfaite 

Le P50 Pro propose une dalle de 6,6 pouces incurvée sur les quatre bords et qui occupe donc la quasi-totalité de la surface avant. Ajoutez à cela des dimensions bien maîtrisées – 181 x 96 x 64 mm pour 195 g – et vous obtenez un smartphone d’une excellente préhension quelque soit la morphologie de votre main. Full HD+ (1228 x 2700 pixels), l’écran OLED propose une densité de pixel de 450 ppp et un taux de rafraîchissement adaptatif entre 60 Hz et 120 Hz maximum.

 

Dommage qu’on ne puisse pas pouvoir le régler manuellement sur le niveau intermédiaire de 90 Hz qui est un bon compromis entre un bon rendu visuel et une préservation de l’autonomie. À l’usage, cette dalle ne souffre de quasiment aucun défaut. Le taux de contraste est élevé, la luminosité jamais pris à revers quelque soit la circonstance et la colorimétrie juste, quoique légèrement saturé sur les tons jaunes.

Performances : à la hauteur

Le P50 Pro embarque un SoC Snapdragon 888, épaulé de 8 Go de mémoire vive. À cause des restrictions que subit le constructeur, ce smartphone dit adieu aux processeurs maison Kirin et ne peut s’équiper du tout dernier SoC surpuissant de Qualcomm, le Snapdragon 8 Gen 1, 5G oblige. Pour ce dernier, c’est dommage car de nombreux concurrents ont annoncé s’en servir pour leurs prochains flagship en France, on pense notamment au prochain Xiaomi 12, au Motorola Edge X30 ou encore au Oppo Find X5 Pro

Ne boudons pas pour autant notre plaisir, le Snapdragon 888 est un excellent SoC qui couvrira l’ensemble de vos besoins multimédia, gaming compris. Pendant une heure, nous avons pu tâter du sniper sur le FPS Modern Combat 5 avec les options graphiques les plus élevées et ce sans jamais aucun ralentissement, ni surchauffe.

 

Au niveau sonore, Huawei se décide enfin à équiper un modèle de sa gamme P avec un son stéréo. Enfin ! Sans surprise, le P50 Pro fait donc bien mieux que le P40 Pro, qui nous avait vraiment déçus sur ce point. La restitution sonore est bonne, notamment dans les aiguës et les médiums, ce qui offre des dialogues cristallins lors du visionnage d’un film ou d’une série. Côté musique, les basses sont un peu trop présentes à notre goût, rien de trop gênant, sauf si vos playlists de streaming audio sont en grande partie composées de rap. Enfin, comme bon nombre de ses concurrents, le son commence à saturer au-delà des 2/3 tiers de volume. Pour préserver une qualité audio, et aussi vos esgourdes, n’allait donc pas au-delà. 

Autonomie et recharge : du solide

En ce qui concerne son autonomie, le P50 Pro embarque une batterie d’une capacité de 4360 mAh. Une amélioration minime par rapport aux modèles précédents, les P30 Pro et P40 Pro étaient en effet équipés d’une batterie de 4200 mAh. Les premiers jours, on l’a poussé à bout. Nous l’avons utilisé intensivement avec un taux de rafraîchissement à 120 Hz et une luminosité maximale. Il a tenu pratiquement une journée et demie malgré des nombreuses sollicitations en gaming, réseaux sociaux et streaming audio et vidéo. Les jours suivants, nous avons réglé la luminosité et le taux de rafraîchissement sur le mode adaptatif, résultat il a tenu cette fois deux jours plein sans broncher. C’est du solide, mais c’est légèrement moins performant que le P40 Pro qui était capable de tenir deux jours complets à plein régime.

 

La raison est toute trouvée. Huawei maîtrise à la perfection la gestion de consommation d’énergie sur ses SoC Kirin, avec une puce Qualcomm, plus gourmande, le constructeur doit encore prendre ses marques. Attention, l’autonomie du P50 Pro est bonne et à la hauteur des meilleurs smartphones du marché sur ce sujet, à savoir le Xiaomi Mi 11 et le Samsung Galaxy S21. Pour la charge, Huawei ne change pas son fusil d’épaule et propose encore son imposant chargeur de 66 W. Il ne vous faudra que 7 minutes pour le recharger à 25% et pas plus de 45 minutes pour lui faire reprendre totalement des forces. A ce niveau, il se situe clairement dans le haut du panier.

Photo : Huawei sort la « grosse bertha »

En matière de photo, Huawei a souvent été major de promotion. Le constructeur n’hésite d’ailleurs jamais à axer ses campagnes de communication sur cet aspect. Excellents, mais jamais parfaits, les prédécesseurs du P50 Pro souffrait parfois de minimes lacunes, tantôt une gestion des ombres aléatoire, tantôt des couleurs un peu trop criardes pour un public européen. Toujours en partenariat avec Leica, le P50 Pro balaie ici ces minimes carences. Au programme : 

  • un capteur principal true-chroma de 50 Mpx à f/1,8
  • un capteur ultra grand-angle de 120° à 13 Mpx et f/2,2
  • un capteur monochrome de 40 Mpx à f/1,6
  • un téléobjectif de 64 Mpx à f/3,5 avec un zoom optique 3,5x
  • et enfin à l’avant un module de 13 Mpx à f/2,4

En condition de pleine luminosité, les couleurs sont parfaitement restituées car moins vives qu’à l’accoutumé et la netteté bien gérée car elle ne lisse pas à outrance les contours des objets. Sur l’ensemble du cliché, notamment en arrière plan, le niveau de détail est impressionnant

 

 

Pour les photos en ultra grand-angle, l’image s’étire logiquement dans les coins, mais cela reste discret, les textures et les contrastes sont, quant à eux, parfaitement maîtrisés. Impressionnant, le zoom optique permet de monter facilement sur du x10 sans perte de détails et avec une stabilisation performante. Au-dessus, par exemple en x20, il faudra faire un petit effort de concentration pour stabiliser sa prise de vue. 

 

En condition de faible luminosité ou la nuit, que ce soit en intérieur ou en extérieur, l’appareil gère parfaitement la pénombre et les couleurs restent naturelles. Rarement pris à défaut dans cet usage, le P50 Pro réalise la prouesse de n’afficher quasiment aucun bruit numérique. En mode portrait, le P50 Pro s’avère bien plus précis dans le détourage que ses concurrents directs et les selfies sont détaillés, même avec une faible lumière.

 

Plus complet que le Pixel 6 Pro, plus à l’aise la nuit que le Mi 11 Ultra de Xiaomi, le P50 Pro est clairement LE photophone à abattre en 2022.

 

Absence de 5G et des services de Google : des défauts rédhibitoires ?

C’est évidemment un non-sens de ne pas avoir de 5G sur un smartphone qui dépasse les 1000 euros. Et pourtant…Comme répété de nombreuses fois dans d’autres tests, la couverture 5G sera réellement implantée convenablement en France à l’horizon 2025. La 5G n’est pas encore, selon nous, un critère d’achat essentiel, sauf si vous habitez dans une grande agglomération (Paris, Toulouse, Marseille, Rennes, Lille, Nantes…) et que vous souhaitez déjà profiter de ce débit de connexion. 

En ce qui concerne l’interface, le P50 Pro s’appuie sur Android AOSP et s’habille d’ Android 11 et de l’interface EMUI 12. Comme évoqué longuement dans notre récent test du Huawei Nova 9, l’absence des services de Google et de quelques autres applications est évidemment problématique. Pour autant, saluons les nombreux efforts de Huawei pour pallier ces manques, il faudra cependant être un peu bidouilleur dans l’âme. 

Un point sur la concurrence

Disponible depuis le 26 janvier à 1199 € (8/256 Go), le P50 Pro est proposé en deux couleurs « Cocoa Gold » et « Golden Black ». À ce prix, il entre actuellement en concurrence direct avec l’iPhone 13 Pro Max d’Apple (1259€), le Samsung Galaxy S21 Ultra (1259€), le Google Pixel 6 Pro (899€) ou encore l’Oppo Find X3 Pro (1149,90€). 

Étant parmi les premiers à dégainer en 2022, Huawei aura aussi fort à faire cette année, n’en doutons pas, avec les prochains S22 et Pixel 7.

 
Conclusion

En matière de design, d’écran, de performance et de charge, le P50 Pro frise l’excellence, tandis qu’en matière de photo, il l’atteint. Pour le reste, c’est toujours la même interrogation et souvent la même réponse. Est-ce que l’absence des services de Google est quelque chose d’handicapant au quotidien ? Oui et non. Pour ceux qui souhaitent acquérir un smartphone haut de gamme prêt à l’emploi, il faudra passer votre chemin. Pour les autres, capable de se soustraire à l’environnement de Google, tout étant un peu « geek » pour contourner l’absence en native de certaines autres applications, vous serez ravis tant le P50 Pro offre une expérience premium rare et aboutie. Dernier point, concernant cette fois le prix. Depuis le P20 Pro, Huawei, tout comme la concurrence, augmentent constamment le prix de leurs flagships. Or, étant dans une phase de reconquête, le constructeur chinois devrait selon nous proposer son P50 Pro un poil moins cher. Cela permettrait à Huawei de se démarquer et de mieux faire passer la pilule de l’absence des services de Google.

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