comment l’Élysée organise la fin de l’opération Barkhane ?

William Molinié, édité par Solène Leroux avec AFP
15h02, le 01 février 2022

Alors que la junte militaire au pouvoir a demandé hier à l’ambassadeur français de quitter le Mali, la question de la présence française au Mali se pose plus que jamais. Le chef de l’État Emmanuel Macron a présidé un conseil de défense ce mardi matin, notamment sur l’avenir de l’opération Barkhane.DÉCRYPTAGE

Mardi matin, Emmanuel Macron
a convoqué un conseil de défense consacré à la situation internationale. À propos de la crise ukrainienne
d’abord, mais aussi au regard de ce regain de tension avec le Mali, après la décision de la junte militaire au pouvoir d’expulser l’ambassadeur français
. L’ambassadeur, Joël Meyer, a trois jours pour quitter le pays. Les autorités maliennes ont justifié cette décision par les récentes déclarations « hostiles » de responsables français à leur encontre. La France prend acte de ce renvoi. Quelles conséquences cette brouille diplomatique peut-elle avoir sur la présence des forces françaises dans le pays, autrement dit l’opération Barkhane ?

Allègement des troupes en cours

C’est une situation inconfortable pour les armées parce que les soldats français ne peuvent pas, du jour au lendemain, stopper les combats. Au contraire, se calfeutrer dans Gao, l’épicentre de la logistique militaire au Sahel
, ce serait s’enfermer dans un piège et s’exposer aux attaques terroristes. Alors Barkhane a entamé un processus d’allègement
: il y a 4.800 soldats français en ce moment. L’objectif est de réduire le contingent à 2.500 à l’été 2023. Mais quitter le Mali, c’est une décision politique. Elle n’appartient qu’à Emmanuel Macron, le chef des armées.

Où installer la force européenne Takuba ?

En attendant, l’option de créer une bulle de sécurité autour du pays est étudiée. Mais alors, où installer le gros des troupes
? Il y a le Niger. Mais le problème, c’est que le pays ne veut pas accueillir Takuba, la force spéciale européenne. Autre possibilité, le Tchad, mais c’est beaucoup plus loin de la zone des combats. Quelles que soient les options retenues, Paris veut de toute façon, pour l’instant, conserver dans la région une capacité d’intervention pour lutter contre les incursions djihadistes à grande échelle.

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