Verkor, la start-up française qui veut devenir le Tesla des batteries électriques

La pépite grenobloise va construire sa première usine de batteries électriques à Dunkerque avec 1.200 emplois à la clé. Un premier tournant dans ses grandes ambitions industrielles, ouvertement inspirées de Tesla.

Le Président de la République lui-même s’est chargé de confirmer l’information à l’occasion de sa visite dans les Hauts-de-France. Verkor bâtira bien à Dunkerque sa première usine de batteries électriques avec à la clé «1 200 emplois directs et 3 000 emplois indirects», comme l’a expliqué ce mercredi Emmanuel Macron à La Voix du Nord. Ouverture prévue en 2024.

L’implantation du site dans le Nord a ravi le président de Région Xavier Bertrand, et a sûrement déçu celui d’Auvergne-Rhône-Alpes. Laurent Wauquiez s’activait pour attirer l’usine de Verkor dans sa région, où se trouve déjà son siège à Grenoble. Toutes ces marques d’intérêt émanant de politiques de premier plan racontent les espoirs soulevés par Verkor. Une start-up à part lancée seulement en 2020.

La pépite industrielle a des allures d’ovni sur la scène de la French tech dominée par les entreprises numériques. En moins de deux ans d’existence, elle connaît une trajectoire fulgurante. Même si le plus dur reste à faire, c’est-à-dire mettre sur pied une production de batteries électriques à grande échelle, Vektor jouit déjà d’une certaine crédibilité.

CV solides et gros investisseur

Ses six fondateurs n’ont en effet rien d’amateurs. Ils cumulent des décennies d’expérience passées à des postes stratégiques dans de grands groupes industriels, de Schneider Electric à Audi en passant par le spécialiste des minerais Rio Tinto. Avec une centaine de salariés, Verkor s’est aussi étoffé avec le recrutement d’autres ingénieurs automobiles venus des États-Unis, du Japon ou de Corée.

Des CV qui ont convaincu de grands investisseurs que Verkor était capable de créer de zéro une chaîne de production de batteries électriques en Europe. 100 millions d’euros ont déjà été levés. Schneider Electric, Capgemini, Arkema figurent au capital de la jeune pousse.

L’usine «la plus moderne et la plus efficace du monde»

Renault a également pris 20% des parts de l’entreprise et vient de sceller un partenariat stratégique avec Verkor. Signe de la confiance que lui accorde le constructeur français, un centre de R&D commun doit voir le jour à Grenoble. La marque Alpine de Renault sera elle équipée de batteries Verkor, comme plusieurs dizaines de milliers de véhicules Renault à terme. Le choix de Dunkerque pour la première usine de Verkor n’est d’ailleurs pas étranger à la proximité des sites de Renault à Maubeuge, Douai et Ruitz qui fabriqueront les modèles électriques de la marque au losange.

Reste désormais à produire en masse les batteries automobiles promises. Un défi qui rappelle celui de Tesla. L’itinéraire du géant californien inspire directement la stratégie et les procédés de Verkor, qui compte d’anciens collaborateurs de Tesla dans ses rangs. La «gigafactory» (un terme initialement forgé par Tesla pour désigner ses immenses usines) de Dunkerque s’étalera sur plus de 500.000 m2 et a vocation à produire jusqu’à 300.000 batteries de véhicules par an grâce à une production robotisée et un recours massif aux technologiques digitales. De quoi bâtir l’usine de batteries «la plus moderne et la plus efficace du monde», s’avance Verkor.

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