De Chirac à Macron, deux décennies de relations franco-russes tumultueuses

Emmanuel Macron
rencontre ce lundi Vladimir Poutine
. Le chef d’État français n’a qu’un seul objectif, la désescalade de la crise ukrainienne
, d’autant plus qu’il vient à Moscou avec la double casquette de président de la France et de président du Conseil de l’Union européenne pour six mois. Au pouvoir depuis 1999, Vladimir Poutine est une figure centrale de la politique russe. En plus de 20 ans, le maître du Kremlin a connu pas moins de quatre présidents français. Et il a entretenu avec chacun d’entre eux des relations très différentes. Europe 1 revient sur deux décennies de relations franco-russes.

Avec Jacques Chirac, une histoire d’estime

© PATRICK KOVARIK / AFP

Vladimir Poutine surnommait Jacques Chirac « le professeur ». L’actuel chef de l’État a souvent été charmé par la culture du président français décédé, qui parlait russe. « Il a réellement impressionné Vladimir Poutine », expliquait le journaliste Charles Villeneuve
sur Europe 1, au moment de la mort de Jacques Chirac. Et ce n’est pas simplement en parlant sa langue qu’il a marqué l’esprit du président russe. Lors d’une rencontre diplomatique, « Vladimir Poutine a découvert qu’il avait une érudition sur le génie et le talent du peuple russe », décrivait encore le journaliste. Une amitié qui a duré jusqu’à la mort de l’ex-président français.

Des débuts compliqués avec Nicolas Sarkozy

© PATRICK KOVARIK / AFP

Entre Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine, les débuts ont été un peu compliqués. Leur premier tête-à-tête, en marge du G8 en 2007, a donné une image désormais célèbre d’un Nicolas Sarkozy titubant, soupçonné d’être ivre. En 2016, le journaliste Nicolas Hénin expliquait dans un documentaire que le chef d’État français avait été mis à terre par Vladimir Poutine : « Ou bien tu continues sur ce ton et je t’écrase, ou alors tu arrêtes de parler comme ça et tu verras », aurait-il notamment menacé. Les années passant, la relation a évolué plus sereinement. Après son départ de l’Élysée, Nicolas Sarkozy a rencontré plusieurs fois Vladimir Poutine
. L’ex-président a même été convié dans la résidence privée du président russe.

Des relations froides avec François Hollande

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Le quinquennat de François Hollande est marqué par le début de la guerre en Syrie, qui fissure les relations franco-russes. C’est ensuite la crise ukrainienne de 2014
qui achève de dégrader l’entente entre les deux pays. En octobre 2016, c’est encore la crise syrienne qui divise les deux chefs d’État. Vladimir Poutine annule au dernier moment une visite à Paris, en répercussions de déclarations de François Hollande à la presse, taclant les bombardements de civils en Syrie. Les deux hommes se retrouvent à Berlin quelques jours plus tard, dans une ambiance glaciale. Jusqu’à la fin du mandat de François Hollande, les relations ne se réchaufferont pas.

Macron/Poutine, une relation mise à mal

© ALEXEI DRUZHININ / SPUTNIK / AFP

L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en mai 2017 marque un nouveau tournant dans les relations franco-russes. Elle débute au château de Versailles, où le tout nouveau locataire de l’Élysée invite le chef d’État russe. Deux ans plus tard, nouvelle invitation, cette fois au fort de Brégançon. Entre les deux hommes, le rapport de force est permanent
. « Il est fort et intelligent, mais il n’est pas naïf. Je le respecte. Je le connais. Je suis lucide », affirmait Emmanuel Macron en avril 2018 sur Fox News. Une relation musclée et teintée de pragmatisme. Et la rencontre prévue ce soir ne devrait pas faire exception. Vladimir Poutine a prévenu Emmanuel Macron : « Je t’attends, je veux aller au fond des choses avec toi. »

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